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Essai nouveau Porsche Macan : plus qu’une mise au point ?

Lorsqu’on parle de bagnole, c’est toujours la même histoire : qui a la plus grosse ? Je parle évidemment de performances ! Et le segment des SUV n’y échappe pas. Alors, lorsque les marques Premium allemandes (BMW, Audi et Mercedes) entrent dans cette course, à la fin, c’est généralement Porsche qui fait la conclusion. Sauf qu’aujourd’hui, son fer de lance, Macan, qui représente plus de 30 % des ventes, commence à laisser apparaître ses rides. Pour éviter l’affront de se faire distancer, voici un lifting bienvenu.

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Nouveau Porsche Macan : une affaire de style !

Sorti fin 2014, le Macan est donc à mi-vie. Pour ne pas se faire distancer par ses concurrents, les stylites ont eu un petit budget pour réaliser des retouches esthétiques. Ce facelift propose de nouvelles faces avant et arrière, ainsi qu’une présentation et un intérieur revus. Honnêtement, il faudra avoir l’âme d’un enquêteur pour relever les différences ! Les aficionados, eux, seront ravis d’apprendre que le bouclier avant perd ses feux antibrouillard pour offrir plus d’espace aux écopes d’air. N’oublions pas non plus les optiques avant et arrière qui passent à la signature des 4 barres. En poupe, le pare-chocs reçoit un extracteur d’air noir entouré par des canules d’échappement.

Non… ce qui sera le plus notable, dans ce nouveau Porsche Macan, c’est surtout l’arrivée de nouvelles jantes et couleurs. Plus particulièrement l’élégant vert Mamba et le pétillant bleu Miami.

En bon produit haut de gamme, l’habitacle est lui bien soigné, du moins dans mes versions d’essai qui font la part belle au catalogue des options. Le cuir est omniprésent, la planche de bord reçoit des inserts en fibre de carbone et l’aluminium contraste avec le noir ambiant. Ce qui est vraiment nouveau sur cette Porsche Macan, c’est son système d’infodivertissement. Il se contrôle via un nouvel écran tactile de 10,9 pouces et a demandé aux techniciens de descendre les aérateurs sous celui-ci. Attention, si l’écran contrôle un maximum de données, Porsche a conservé la palanquée de boutons sur la console centrale et le plafonnier. J’ai pu en comptabiliser 72 sur mon modèle. Largement de quoi se prendre pour un pilote de ligne à bord d’un Airbus A350.

La Porsche Macan intelligente !

En dehors de ces considérations stylistiques, ce nouveau Macan est capable de merveilles. Dans un premier lieu, via ses radars, laser et caméras qui scrutent l’environnement, ce Macan devient une auto qui se conduit presque toute seule. En effet, son assistance électronique s’occupe de garder le Macan bien au milieu de sa voie alors que le régulateur de vitesse gère les distances avec les autres automobilistes. Dans un bouchon, Porsche nous affirme même que l’électronique s’occupe de tout jusqu’à 65 km/h.

Le service Risk Radar, le système de navigation traite des données « en essaim ». Il s’agit de données collectées et transmises anonymement par des véhicules équipés sur la situation du trafic et des routes. À l’aide des capteurs des véhicules, elles informent notamment sur la présence de brouillard, les risques de dérapage et les accidents.

Enfin, l’application Porsche Connect a évolué. Elle offre au conducteur un accès par smartphone plus simple et plus complet aux fonctions de son véhicule. L’application se divise en trois grandes parties : « Navigation », « Mon véhicule » pour les fonctions relatives au véhicule, et « Mon compte » pour les services et les paramètres liés à l’utilisateur. Ici, par exemple, le conducteur peut observer une représentation en trois perspectives de son véhicule afin de vérifier si les portes, le hayon et les fenêtres sont bien fermés, ou bien verrouiller ou déverrouiller au besoin son véhicule. Il peut également consulter des informations sur la portée, le niveau d’huile ou la maintenance. Porsche Connect permet aussi de commander des fonctions de surveillance et de sécurité.


Porsche Macan : le détour technique

Avant de démarrer le Macan, petit coup d’œil sous le capot. Au lancement de ce nouvel opus du Macan, Porsche se contente de seulement deux moteurs essence. La première nouvelle est donc la disparition au catalogue du Turbo Diesel. Plus vraiment dans les bonnes grâces des acheteurs.

Pour palier la disparition de ce mazout du catalogue, Porsche propose un 4 cylindres de 2 litres couplé à un turbocompresseur et une boîte de vitesses automatique à 7 rapports. Il délivre 245 chevaux et 370 Nm de couple présent dès 1 600 tr/min. Les chiffres sont plutôt avenants avec une vitesse de pointe de 225 km/h et un 0 à 100 faite en 6,7 secondes. Avec ses 8,1 litres de consommation normée, il émet 185 g/km.

Des chiffres sympatoches, mais assez loin de l’idée de ce que l’on se fait d’une Porsche. Heureusement, le Macan S est là. Il troque son 4 pattes pour un V6 de 3 litres. Comme son cousin, il use de l’injection directe, d’un turbo et d’un filtre à particules. La cavalerie est bien plus imposante avec 354 pur-sang pour 480 Nm de couple à 1 360 tr/min. Avec cette arme, le Macan S explose son petit frère Macan question chiffres. Le TOP 100 est expédié en 5,3 secondes, alors qu’il peut atteindre les 254 km/h en vitesse de pointe. Pas de secret… la conso grimpe à 8,9 litres et ses émissions de CO2 à 204 g/km.

Porsche Macan : 4 ou 6 cylindres ?

C’est la question de cet essai. Car nous avons bien devant nous deux autos similaires esthétiquement parlant, mais pas du tout les mêmes en sensations.

Au démarrage du Porcshe Macan, le 4 cylindres clapote de joie. Très travaillée, la voix du 4 cylindres du groupe Volkswagen ne peut toutefois prétendre à la musicalité du 6 cylindres en V de sa sœur flanquée du « S ». Lui il fait le show avec un grondement rauque et des pétarades au lever de pied !

Et inutile de vous dire que si le 4 cylindres offre de bon cœur sa cavalerie dès que le presse la pédale de droite, le V6 enroule chaque relance d’un joli son mélodieux qui s’accompagne d’une poussée velue qui vous plaque aux sièges. Avec le mode « Sport + », le Macan S réagit comme une furie jusqu’à la zone rouge, au-delà des 6 000 tr/min. Une vraie perle mécanique qui se marie avec une boîte automatique qui enquille rapidement les rapports. Dommage toutefois que Porsche n’ait pas mieux travaillé ses rétrogrades. À plusieurs reprises, le SUV décidera de ne pas les enclencher.

Le nouveau Macan sur route !

Du côté du comportement, le constat est identique que ce soit le Macan ou le Macan S. Le SUV agrippe le macadam. Il profite d’un train avant précis, de sa propulsion aux 4 roues et de son différentiel électronique pour enchaîner les courbes avec une soif impressionnante.

Calé sur sa voix, le Macan ne concède rien à la chaussée. Le SUV traite les virolos comme il se doit. C’est-à-dire avec force et vigueur pour repartir dès que possible sur le suivant. Sa transmission intégrale m’impressionne par son efficacité en envoyant le couple sur les roues extérieures, pour pivoter sur l’axe de ses roues. En montagne, c’est un régal !

Porsche Macan, tout est parfait ?

Vous l’aurez compris, Porsche Macan est clairement sportif, et on n’est pas impunément un SUV de caractère sans en subir les désagréments. Mine de rien, ils sont de poids. Tout d’abord ses amortisseurs taillés dans le roc. Même avec des suspensions pilotées, le Macan offre un confort sec. La suspension s’accommode difficilement des routes mal revêtues. En dépit d’une insonorisation correcte, le Macan n’est pas l’arme idéale pour affronter plusieurs centaines de kilomètres d’affilée, surtout qu’il a un appétit d’ogre. Compter une moyenne de 11 litres pour le Macan et 14 litres pour le Macan S.


Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
5 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
1 / 5
Confort
2 / 5

Verdict

  • - Affinage stylistique réussi
  • - Les couleurs flashy
  • - Comportement sportif
  • - Les tarifs
  • - Les consommations
  • - Le confort trop ferme

Conclusion:


Le cahier des charges d’une Porsche est respecté. Les moteurs sont vigoureux et le comportement routier est digne d’une berline sportive. Une prouesse technique, surtout lorsque l’on sait que la plateforme est la même que celle de l’Audi Q5, bien plus pataud.

Et même si le Porsche Macan demande un compte en banque bien garni, car il se vend cher : minimum 61 000 €, voire très cher avec les options nécessaires (mon modèle d’essai est vendu à plus de 85 000 €), il ne faut pas oublier que l’automobile est un sujet passionnel. Rouler en Porsche, quelque SUV soit-il, est un privilège.

La puissance du Macan S vous semble trop ou plutôt pas assez costaud. Ne vous inquiétez pas. Si rien n’est officiel, les dirigeants de Porsche nous ont fait comprendre que très rapidement arriveraient les nouveaux Macan GTS et Macan Turbo.