logo La revue auto

Essai Audi A4 : mise à jour majeure de la gamme

L’A4 fait peau neuve et c’est tout sauf anodin pour la marque aux anneaux. La berline avec ses diverses déclinaisons représente en effet 1 vente sur 5 pour le constructeur à travers le monde. C’est 7,5 millions d’exemplaires vendus en 25 ans de carrière, dont près de 350 000 en 2018. Autant dire qu’un loupé serait catastrophique ; alors, nous nous sommes rendus au Pays basque pour en juger volant en main.

Voir la galerie photo

Dire que les évolutions stylistiques du constructeur sont souvent légères n’est pas un euphémisme tant Audi demeure conservateur dans ses lignes générales. Il n’empêche, lorsque l’on y regarde de plus près, la nouvelle A4 n’offre pas le moindre panneau de carrosserie identique à celui du modèle sortant, pas si mal pour une « simple » mise à jour.

Les blocs optiques avant et arrière évoluent – et peuvent bénéficier de la technologie Matrix LED selon les finitions, la calandre est encore un peu plus élargie, les boucliers sont nouveaux tandis que les gènes « quattro » s’affichent via l’aération au-dessus de la calandre et par les « quattro blister », ces plis de carrosserie surplombant les arches de roue et rappelant la mythique Audi Quattro.

Pour une fois, Audi ne se contente donc pas d’un restylage timide avec une simple mise à jour de la « signature lumineuse », mais propose une vraie évolution qui met un coup de vieux certain à la précédente, gagnant nettement en caractère.

Comme à la maison

Le propriétaire d’Audi A4 ne sera pas dépaysé en pénétrant dans l’habitacle de la nouvelle venue tant les changements sont minimes de ce côté. Encore que, ledit client pourrait être surpris par le fonctionnement du nouveau système d’infodivertissement MMI Touch. C’en est fini de la molette, pourtant très pratique, bienvenu dans le nouveau monde avec un écran tactile pouvant mesurer jusqu’à 10,1 pouces. Il faudra donc nécessairement quitter la route des yeux pour utiliser un système par ailleurs plutôt ergonomique et intuitif recevant les fameux retours haptiques que la marque déploie sur tous ses modèles.



La qualité perçue tout comme l’espace à bord n’évoluent pas et sont toujours dans le haut du panier, et toujours sans la moindre folie.

A4 Avant 35 TDI

En France, l’A4 est plébiscitée dans sa déclinaison break Avant et en motorisation diesel bien que l’essence commence à se faire une place non négligeable. Nous avons donc pris le volant, pour commencer, du modèle le plus représentatif de notre marché, une A4 Avant équipée de la motorisation 4 cylindres diesel de 163 ch et 380 Nm. Comme la plupart des motorisations proposées, celle-ci est nouvelle et bénéficie désormais de la microhybridation légère « MHEV » en 12 volts permettant une réduction d’environ 0,3 l/100 km.



En finition S Line, apportant un style plus sportif et quelques équipements supplémentaires, ce break est sans surprise, homogène, efficace, agréable à vivre. Bien insonorisée, bien amortie, bien équipée, l’A4 Avant devient une très bonne compagne de route capable de parcourir de très nombreux kilomètres sur autoroute sans vous le faire ressentir tout en se montrant très capable sur des routes plus sinueuses ou imparfaites.

Alors certes, elle sait le faire payer au prix fort puisqu’elle demande tout de même 50 825 € avec cette motorisation et cette finition (premier prix à 40 400 € avec le 30 TDI et la finition de base). Mais à ce tarif, impossible d’être déçu pour qui cherche un bon break routier, bien fini et équipé, suffisamment performant pour une consommation réelle capable de descendre sous les 6,0 l/100 km en situation extra-urbaine.

A4 Allroad

Les baroudeurs se dirigeront vers l’A4 Allroad qui reprend tout l’accastillage du genre. Si les arches de roue en plastique noir ne semblent pas beaucoup plus utiles que le bouclier arrière fait du même matériau ou les skis de protection avant et arrière, dans les faits ils peuvent sauver pour qui souhaite réellement s’échapper des routes bitumées.

L’Allroad, c’est ce break surélevé qui fait office de chaînon entre le break classique et les SUV auxquels certains résistent encore. Il reprend du premier une tenue de route plus franche et un style plus élégant tout en prenant au second quelques capacités en tous chemins bien sympathiques.



Outre les codes classiques précités du baroudeur moderne, cette déclinaison de l’A4 reprend également la calandre à lamelles verticales de la famille Q de la marque aux anneaux. Chacun se fera son avis, pour notre part nous aurions préféré qu’elle garde ce style plutôt typé berline qui nous plaît tant.

Sur la route, l’A4 Allroad marque un roulis légèrement plus marqué que sur le break classique, quel que soit le mode de conduite choisi, mais n’inquiète à aucun moment et fait montre d’un dynamisme qu’aucun SUV n’égale. En dehors de ces routes lisses ou presque, le break surélevé s’en sort avec les honneurs grâce à une garde au sol augmentée de 35 mm et un système Quattro performant recevant une mode de conduite Offroad dédié dans l’Audi Drive Select ainsi qu’une suspension pilotée spécifique. Pas de quoi en faire un vrai 4x4 certes, mais bien suffisant.

Côté tarifs, il faudra compter au minimum 51 600 € avec la motorisation diesel 40 TDI de 190 ch en finition Design et jusqu’à 63 250 €, hors options, pour le modèle essayé, en finition Avus équipée du V6 diesel de 3,0 litres et 231 ch (45 TDI).

Ce dernier a pour lui une belle souplesse d’utilisation, plein sur l’ensemble du compte-tours et performant, il nous aura tout de même surpris par une consommation relevée supérieure proche des 10 l/100 km qui nous semble un peu élevée pour le type de trajets que nous avons effectués. Autre petit bémol, le temps de réponse du moteur à l’accélération, déjà noté sur l’essai de la S7 et qui semble se généraliser depuis le passage à la norme WLTP.

S4 TDI

La déclinaison dynamique de la gamme est sans doute celle qui offre le plus gros changement. En effet, à l’instar des S6 et S7, la S4 abandonne sa motorisation essence pour un diesel hybridé. Sous le capot se trouve donc un V6 diesel de 3,0 litres accueillant une microhybridation « MHEV » complétée par un compresseur électrique reposant sur un système électrique de 48 volts, de quoi fournir la puissance confortable de 347 ch et le couple camionesque de 700 Nm. Les performances sont à l’avenant avec un 0 à 100 km/h effacé en 4,8 secondes et une vitesse maximale toujours limitée à 250 km/h.



La S4, malgré son patronyme, n’est pas une sportive. Ce rôle est laissé à l’Audi RS4. Non, la S4 c’est l’excellente routière capable de belles performances et de titiller quelques virages à l’occasion. C’est d’ailleurs pour son rôle de routière que le diesel a été retenu, et bien en a pris aux ingénieurs d’Ingolstadt puisque, outre les accélérations très convaincantes, la S4 diesel est capable d’afficher des consommations impossibles sur une essence de près de 350 ch. Il est aisé de se contenter de moins de 7,0 l/100 km sur route, remarquable.

Dès que la route se met à tourner de façon régulière, la S4 fait preuve d’un bel équilibre, néanmoins la S4 est réglée très sécurisante et le train avant a tendance à élargir les trajectoires dès que le rythme s’accélère. Ce n’est pas une sportive et elle ne le revendique pas.

Esthétiquement non plus d’ailleurs. Si les boucliers se font un peu plus agressifs, à l’instar de la grille de calandre, ce ne sont pas les touches de chrome que l’on retrouve sur les cerclages d’aération du bouclier avant ou sur les coques de rétroviseurs qui en font une sportive agressive dans son style. Non, définitivement, la nouvelle Audi S4 est une excellente routière, performante et peu consommatrice, mais pas amusante.

Conclusion: