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Essai BMW 420d : le problème de la nouvelle Série 4 ne vient pas de sa calandre

Que l’on en parle en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on en parle. BMW semble avoir fait sienne cette célèbre phrase avec sa nouvelle Série 4 et son design particulièrement clivant et il faut dire que ça fonctionne. Mais, au-delà de cette intrigante calandre, est-ce que le coupé allemand est bien une « BM » ?

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Le constructeur bavarois a souhaité différencier visuellement la Série 4 de la Série 3 pour faire de cette première un modèle à part entière et non plus une simple variante « coupé » de la Série 3. Pour ce faire, c’est donc la calandre, signe distinctif s’il en est, qui en fait les frais. Alors certes, BMW fait appel à son histoire et nous rappelle la très jolie 327 de 1937 et sa grande calandre verticale pour faire passer la pilule, mais nombreux sont ceux qui n’apprécient pas ce changement. On ne pourra néanmoins pas reprocher au constructeur un excès de frilosité.

Par ailleurs, cette nouvelle Série 4 offre de très jolies proportions, très similaires à celles de la superbe Série 8 (lire notre essai), avec des courbes à la fois douces et pleines de caractère, une ligne de toit fuyant sur un arrière galbé. Le profil est marqué par une ligne basse signifiant le centre de gravité bas (2,1 cm plus bas qu’une Série 3) tandis que l’arrière est travaillé dans l’horizontalité avec un épaulement marqué et des lignes insistant en ce sens. L’avant ne subit pas ce même traitement puisque l’immense calandre vient casser l’impression de largeur en ajoutant seulement un peu de vulgaire. Il sera de bon ton par ailleurs, pour une fois, de se passer du cerclage chromé de la calandre afin de rendre l’ensemble un peu moins inélégant.


Où l’on a envie de conduire

Sans grande surprise, l’espace à bord n’est pas dédié aux occupants arrière. Ces derniers trouveront certes une place plus ou moins correcte pour les jambes, mais seront mis à mal par une garde au toit réduite. Au-delà d’1 m 75, ce n’est pas la peine d’essayer.

À l’inverse, les places avant sont généreuses et y prendre place est une invitation à voyager, d’autant plus avec les sièges Sport de notre modèle d’essai offrant un excellent maintien sans renier le confort. Le poste de pilotage, historiquement incliné vers le conducteur, continue de proposer quelques boutons bienvenus – sur la console centrale et sur la planche de bord – telle la commande de climatisation, et n’oblige pas de tout faire via l’écran. En plus de l’écran de 10,3 pouces du système d’infodivertissement plutôt ergonomique, nous trouvons une instrumentation entièrement numérique et paramétrable de 12,3 pouces (option).

Ne perdons pas de temps avec la qualité des matériaux et des assemblages qui sont effectivement de bonne facture. Il faut dire que notre modèle d’essai, avec ses 26 000 € d’options, s’affiche à 78 000 €, nous n’en attendions donc pas moins. Le coffre nous surprend même en offrant un volume très correct, et relativement accessible, de 440 litres.


Des aides en pagaille

Impossible de passer à côté lorsque l’on achète ce genre de véhicule haut de gamme et la nouvelle Série 4, a fortiori optionnée comme notre modèle d’essai, en propose une palanquée dont l’astucieux assistant de marche arrière qui enregistre en continu (jusqu’à 35 km/h) les 50 derniers mètres parcourus pour ensuite être capable de les reproduire en marche arrière.

Sinon, vous trouvez, dans le désordre, l’affichage tête haute d’excellente qualité, le maintien dans la voie et le régulateur adaptatif qu’il est capable de coupler afin d’avoir une conduite semi-autonome, la lecture des panneaux de limitations puis l’adaptation automatique à cette vitesse, le Park Assist qui se charge de garer votre véhicule, etc.

Mais est-ce une BM ?

Cette débauche de technologie, c’est bien, mais une BMW c’est avant tout synonyme de plaisir, de dynamisme, de ressenti et la nouvelle Série 4 va devoir faire mieux que sa grande sœur la Série 3. Cette dernière, aussi bonne soit-elle, rate un peu le coche sur ces points et les espoirs sont donc tournés vers la déclinaison Coupé.

Alors, pour le savoir, nous avons pris le pire modèle possible, une 420d xDrive. Un 4 cylindres diesel de 190 ch et équipé des 4 roues motrices, autant dire que la tâche ne va pas être aisée. D’un côté les 400 Nm de couple disponibles dès 1 750 tr/min devraient être une aide quand le poids de 1 670 kg devrait être un frein malgré un 0 à 100 km/h annoncé en 7,4 secondes.

Dans les faits, la 420d déçoit. Le ressenti dans la direction est trop artificiel, bien que notre modèle soit équipé de la Direction DirectDrive à démultiplication variable, tandis que le train avant n’est pas assez incisif et l’arrière trop neutre. Ceux qui cherchent un coupé BMW de caractère devront passer leur chemin.

Pourtant, en tant que telle, cette Série 4 est une excellente voiture. Très confortable grâce aux suspensions à butées hydrauliques (en détente à l’avant et en compression à l’arrière) alliées à l’amortissement piloté SelectDrive M, le coupé ne craint ni les routes désunies qu’il survole ni les dos d’âne qui semblent tous avoir diminués sur notre chemin. La tenue de route elle-même, bien que trop neutre à notre goût, ne souffre pas la critique et les vitesses de passage en courbe sont là pour nous en convaincre. De son côté, la boîte de vitesses automatique à 8 rapports fait très bien son travail en toute circonstance, douce et réactive, elle ne nous a jamais posé de problème ni même rechigné lorsque nous utilisions les palettes.


Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
4 / 5
Prix
2 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Consommations
  • - Excellent confort
  • - Performances correctes
  • - Design…
  • - … à part la calandre
  • - Tarifs
  • - Manque de ressenti

Conclusion:


La BMW Série 4, dans cette version 420d xDrive, est une excellente voiture qui, pourtant, décevra les amoureux de la marque. Trop aseptisée, elle se montre très efficace sans offrir le caractère démonstrateur que sa calandre laisse imaginer. Quelle étonnante sensation que d’être déçu d’une très bonne voiture, capable de se contenter d’environ 5,5 litres en usage normal par-dessus le marché ! Néanmoins, attendons de mettre la main sur une 420i propulsion ou encore mieux sur une M440i xDrive avant de juger de la Série 4 dans son ensemble.