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Essai BMW M135i 2019 : typée traction

Lorsque BMW a annoncé que la future Série 1 passerait à la traction, certains se sont offusqués tandis que la majorité au mieux s’en fichait. De mon côté, j’y voyais une bonne idée de manière générale, mais m’interrogeais quant au devenir des modèles sportifs. Par exemple, le 6 cylindres si caractéristique disparaît définitivement, quel que soit le niveau de puissance. C’est dommageable, sans doute même un peu triste, mais d’une gravité somme toute très mesurée. De son côté, la transmission passe exclusivement via un système à 4 roues motrices, laissant imaginer un réglage typé propulsion.

C’est donc avec une réelle curiosité teintée d’une légère crainte que je prends le volant de la nouvelle venue.

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Je vais passer rapidement sur l’aspect esthétique de la nouvelle Série 1 déjà développé dans l’essai de la 118d, mais attardons-nous sur ce qui différencie la M135i du reste de la gamme. La nouvelle calandre, toujours aussi grosse, gagne une grille spécifique avec des éléments en 3 dimensions, le tout dans une teinte cuivrée dont je vous laisse seuls juges. Le bouclier avant devient forcément plus ajouré et tarabiscoté avec des écopes latérales tout aussi cuivrées. Les rétroviseurs se parent d’un gris mat, les jantes de 19 pouces sont aussi spécifiques que les étriers bleus tandis que l’arrière reçoit également un bouclier plus dynamique comprenant des écopes latérales et intégrant deux sorties d’échappement de 100 mm chacune (90 mm pour le reste de la gamme).

Dans l’ensemble, c’est comme si les designers, parfaitement conscients que la fiche technique risquait de faire grincer des dents, avaient tenté de dissimuler l’ensemble sous un foisonnement de détails pas toujours heureux.

L’intérieur, un sans faute

Si l’extérieur peut laisser circonspect, l’habitacle est tout autre. Certes, le volume du coffre (380 litres) n’est toujours pas le meilleur de la catégorie tout comme l’espace dévolu aux passagers arrière. Ce ne sont pas les pires non plus.

La sellerie tissu/similicuir-Sensatec noire et bleue, pour sa part, est une vraie réussite esthétique, à l’instar des sièges Advanced qui allient confort et très bon maintien. L’équipement déjà conséquent de série est ici amélioré grâce à quelques options qu’il faut ajouter au tarif de base de 54 500 €. La Série 1 a tout d’une grande puisqu’elle reçoit l’instrumentation numérique BMW Live cockpit Navigation Pro, l’affichage tête haute, l’assistant de marche arrière qui reproduit de lui-même les 50 derniers mètres parcourus ou encore les contrôles gestuel, vocal et tactile ainsi que les aides et assistances à la conduite actuelles.

Disons-le sans détour, on se sent très bien dans cette puissante compacte qui ne demande qu’à être réveillée d’une légère pression.

La fin d’une époque

Si un léger claquement se fait entendre au démarrage, la sonorité semble de prime abord tout à fait correcte et seules les oreilles exercées feront immédiatement la différence avec l’ancien 6 cylindres en ligne biturbo. À l’usage, c’est moins vrai et le nouveau 4 cylindres, aussi bien travaillé soit-il ne peut cacher ses origines roturières. Rassurez-vous, le son n’est pas mauvais et n’a pas à rougir face à la concurrence directe, mais je ne peux m’empêcher de regretter ce changement.

Peu importe, la fiche technique redonne le sourire. Le 0 à 100 km/h est parcouru en 4,8 secondes afin d’atteindre la vitesse maximale de 250 km/h grâce à une puissance élevée de 306 ch entre 5 000 et 6 250 tr/min et un couple maximal de 450 Nm de 1 750 à 4 500 tr/min. Des valeurs parfaitement inutiles en usage quotidien où la BMW M135i se montre d’une douceur remarquable, tant en confort grâce à l’amortissement piloté qu’en termes de changement de rapport grâce à la boîte automatique à 8 vitesses, le tout en affichant des consommations mixtes raisonnées de l’ordre de 9,0 litres aux 100 km et aisément moins dès que l’on s’échappe des zones urbaines.

Nettement plus lorsque l’on commence à titiller sérieusement la pédale de droite, ce que je ne manque pas de faire avec cette compacte badgée M. Mes espoirs se situaient dans cette partie de l’essai. Plus de 6 cylindres, passons. Plus de propulsion, passons. Le système à 4 roues motrices xDrive pourrait bien être réglé de façon à rendre la Série 1 joueuse. C’est du moins ce que je me dis, en évitant de penser que le différentiel est placé sur le train avant.

Ce dernier est d’ailleurs immédiatement palpable ; réglé trop fort, il m’emmène à l’intérieur des courbes avec trop de force et m’oblige à me battre avec le volant afin de remettre les roues droites ou à lever légèrement le pied pour soulager le dgl (différentiel à glissement limité) quand je devrais théoriquement remettre les gaz. Ce n’est pas ce que j’attendais de cette BMW M135i qui aurait dû être plus civilisée même en conduite dynamique. On sent que le savoir-faire de BMW sur les tractions sportives est encore à éprouver et seulement sur ce point d’ailleurs. Le moteur, même 4 cylindres, fait preuve d’une santé à toute épreuve, capable de reprendre avec une vigueur remarquable. Il n’est malheureusement pas parfaitement secondé par la boîte automatique à huit rapports par moment frustrante, refusant de rétrograder à la demande.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
3 / 5
Confort
4 / 5

Verdict

  • Habitacle très réussi
  • Performances globales
  • Habitabilité en hausse
  • Trop typée traction
  • Tarifs costauds

Conclusion:


La M135i nouvelle venue laisse un sentiment mitigé, voire d’inachevé tout en nous faisant reprendre cette fichue idée qui fait que c’était mieux avant. Pour le coup, c’est vrai ! La BMW M140i sortante proposait de meilleures performances grâce à un six cylindres mélodieux plus puissant pour quelques milliers d’euros de moins. Alors non, la nouvelle M135i n’est pas une mauvaise voiture, mais elle rentre dans le rang en perdant ce qui la différenciait de ses concurrentes.