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Essai Golf GTI TCR : SEAT Leon Cupra es-tu là ?

La Golf et le blason GTI, c’est une longue histoire. Une histoire qui commence en 1976 et qui a vu naître 7 générations de cette berline compacte aux accents sportifs. Mais voilà, la 8e génération de la Golf pointe le bout de son museau. Alors il est temps pour les marqueteurs de Volkswagen de sortir une série spéciale.

Eh bien, la voilà. C’est la Golf GTI TCR. Elle reprend, sans vergogne, le nom de sa cousine dédiée au macadam des plus grands circuits. Pour nous prouver que ce nom n’est pas usurpé, Volkswagen nous a conviés à prendre le volant des deux versions sur le circuit de Portimao, au sud du Portugal.

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La Golf GTI TCR, c’est quoi ?

C’est avant tout une Golf. Donc, on y retrouve tout ce qui fait de cette berline compacte une star des ventes sur le Vieux Continent. À savoir, un habitacle tristounet, mais bien agencé et aux plastiques plutôt de bonne qualité. L’espace y est correct tout comme la capacité de la soute à bagages. N’oublions pas son design très classique qui rend hommage à la légendaire rigueur allemande et s’affranchit de toute idée novatrice. Une Golf c’est du carré. Un point c’est tout.

Sauf qu’à y regarder d’un peu plus près, elle offre quelque chose de plus, cette Teutonne.

Grâce à son logo GTI TCR, et comme ses illustres ancêtres, elle roule des mécaniques avec un bouclier avant bien charpenté, un spoiler qui renifle le sol, de grosses jantes, un stripping sur les flancs en forme de drapeaux à damier, un aileron pour finir la ligne de pavillon et un extracteur d’air qui laisse sortir le pot d’échappement. Dans l’habitacle, elle « dynamise » autant que faire se peut son cockpit avec une ou deux touches de rouges, ici et là.

Le plus important dans cette GTI TCR n’est pas ce qui se voit. Vous l’aurez compris, ce qui compte, c’est sa mécanique. Ici, il s’agit d’un 4 cylindres turbo essence à injection directe développant 290 chevaux à 5 400 tr/min pour 380 Nm de couple à 1 800 tr/min. Il catapulte les 1 410 kg de cette Golf à 100 km/h en 5,6 secondes et peut atteindre, en passant par la case option, les 260 km/h en vitesse de pointe. Pour maintenir l’ensemble sur la route, elle reçoit un différentiel à glissement limité et des aides électroniques.

Enfin, passons aux choses sérieuses. Si les performances en font la Golf GTI la plus radicale du moment, son tarif l’est également, car Volkswagen France en demande plus de 47 000 €… Et sachez qu’il n’y en aura que 100 pour l’hexagone.



La Golf GTI TCR, sur la route ça donne quoi ?

Bref, toute sportivement radicale soit-elle, cette série limitée « TCR » reste aussi polyvalente qu’une Golf GTI classique. Une polyvalence qui se confirme sur la route.

En mode « Confort », la GTI TCR se montre particulièrement docile. Étrange pour une auto qui est issue de la course ? Le moteur répond à la moindre sollicitation, la boîte de vitesses DSG7 égrène ses rapports sans le faire savoir, alors que les suspensions, bien que pilotées, vous font remonter les aspérités de la chaussée dans le bas des reins.

Bon, ce n’est pas tout ça. Mais une GTI, ça se conduit pas comme Papi qui va chercher sa baguette de pain, un dimanche matin. Alors, on actionne le bouton-poussoir du DCC sur « Sport ». On trouve une route sinueuse de montagne bien lisse, comme savent le faire les Lusitaniens.

Et là… déjà, on sent que la mignonnette petite Golf devient comme schizophrène. Le moteur change de ton, l’échappement laisse échapper quelques pétarades, les rapports s’allongent, les pneus couinent, les freins chauffent et le différentiel permet de réaccélérer en plein milieu de chaque virage.



La Golf GTI TCR, sur le circuit ça donne quoi ?

L’expérience de conduite ne s’arrête pas à l’arrière-pays du comté de Faro. Le circuit de Portimao nous est également réservé.

Ici, notre Golf GTI TCR se prépare à envoyer du bois. Dès les premiers virages, elle se montre courageuse ! On profite d’autant plus de cette ténacité et de son mordant du train avant, que l’autobloquant piloté, glissé entre les roues de 19 pouces se montre assez efficace pour ne pas trop allonger sa trajectoire.

Il faut dire que si de série, la TCR se chausse en Pirelli P Zero, les ingénieurs nous ont préparé des Michelin Pilot Sport Cup 2. Une gomme indispensable pour atteindre le maximum de son efficacité et qui permet au nez de repiquer vers la corde à la remise des gaz. De quoi sauter d’une courbe à l’autre avec une grande facilité, surtout que les disques de freins de 17 pouces sont endurants.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
2 / 5
Confort
3 / 5

Verdict

  • - Enfin digne du blason GTi
  • - Le moteur est toujours volontaire
  • - La boîte DSG est un bon compagnon
  • - Tarif délirant
  • - Trop identique à la Golf GTI Clubsport S
  • - Sa concurrente 1er, sa cousine, Leon Cupra

Conclusion:


Golf GTI TCR : toi mon écusson ?

Lors de ce périple, en terre portugaise, il y a une chose dont je ne pouvais pas faire fi. Si les gens du marketing nous vendent cette TCR comme la version ultime de la Golf GTI, et il est vrai qu’elle explose sérieusement les GTI et GTI Performance qui lui rendent minimum 45 canassons, elle me fait penser à une autre auto du groupe.

Elle a exactement les mêmes caractéristiques techniques. Elle, est déjà en vente depuis plus de 4 ans. Elle, est plus Latine dans l’âme. Elle, est aussi plus de 10 000 € moins chère. Elle, c’est la SEAT Leon Cupra.

Alors certes, le blason VW sur le capot moteur est plus prestigieux. Sans oublier qu’elle est une série très limitée. Mais elle offre les mêmes prestations que sa cousine… Ni plus ni moins.

Alors, prestige du logo, ou choix raisonnable ?

Photos© Julien Fautrat pour LRA

L'histoire, ne s'arrête pas là. Puisque Volkswagen nous a offert le volant de la version de course du Championnat TCR : la Gof GTI TCR RaceCar, à lire l'essai ici.