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Essai Mini Cooper SE : ni citadine ni routière, juste électrique !

Depuis 60 ans, la Mini séduit son monde avec sa bouille craquante. Son concept a plusieurs fois révolutionné le marché et cela à travers chacune de ses générations. Les temps changent et aujourd’hui, il faut passer à des véhicules sans émission de gaz polluant. Cette première Mini 100 % électrique, est donc la réponse du constructeur à cette problématique moderne. La firme britannique va-t-elle, une nouvelle fois, changer les règles du marché ?
C’est que nous allons essayer de voir lors de notre galop d’essai sur la côte varoise avec la prise en main de l’une des premières Mini Cooper SE à arriver sur le sol gaulois.

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Une Mini électrique ? Ah bon !

Après un voyage de quelques heures, dans notre train à grande vitesse en direction de la ville phocéenne, me voici enfin à la gare Saint-Charles. Ici, un G.O. tout endimanché par des vêtements Mini, accueille la brochette de journalistes français invités pour ces essais MINI Copper SE. Il nous convie à le suivre et prendre la direction du parking de la gare. Elles ont là.

Première impression. Il est difficile de la différencier des autres MINI thermiques. MINI a pris le parti d’adapter son système de propulsion électrique à la petite puce, sans changer quoi que ce soit de son allure. On retrouve donc avec plaisir ses roues aux quatre coins, le toit flottant, la cabine rejetée sur le train arrière et sa bouille rondouillarde à l’avant. Toutefois, tout au fond des modèles mis à notre disposition, il y en a une qui ose. Elle ose montrer sa différence par ses jantes spécifiques presque pleines, des joncs jaunes fluo font leur apparition un peu partout, y compris sur les coques de rétroviseur. À ceci, rajoutons la grille de calandre entièrement pleine et le logo en forme de prise de courant présent sur les flancs ainsi que la malle. Enfin, comme c’est une voiture électrique, cette Cooper SE ne dispose pas de pot d’échappement.

À l’intérieur, je ne suis pas dépaysé. L’écran des compteurs est juste différent. On retrouve le style cool et personnalisable à souhait des MINI. Les ajustements sont bons, les plastiques de bonne facture… Non, on n’a pas grand-chose à lui reprocher ici, puisque même son habitacle a été conservé. Bien heureusement d’ailleurs, car question m2 habitables, c’est toujours la crise du logement à bord. Devant ça va… à l’arrière, bonjour les dégâts. Et pour faire les courses, faites attention de ne pas remplir plus de la moitié d’un caddie, car les 211 litres disponibles se remplissent très, mais alors très vite.

Elle donne quoi, cette Mini électrique ?

En ville, pas grand-chose. Son diamètre de braquage est bien trop grand. Avec 10,70 mètres pour tourner, c’est plus qu’une Golf. Ses suspensions sont trop fermes. 1 heure et demie dans les ruelles de Marseille et me voici en train d’user le système multimédia pour rechercher le kiné le plus proche. Pour vraiment apprécier cette MINI Cooper SE, paradoxalement, il faut sortir des zones urbaines et aller sur les petites routes de l’arrière-pays.

Sous le capot moteur se cache une cavalerie de 183 chevaux. C’est d’ailleurs le système de propulsion de la BMW i3S. Les accélérations sont fulgurantes avec un 0 à 100 km/h en 7,3 secondes. C’est largement mieux que ses concurrentes : Peugeot e-208, Opel Corsa-e ou encore la dernière Honda e.

Mais plus que la performance, cette Cooper SE, fait travailler mes zygomatiques des les premiers virages. La MINI vire à plat, on a toujours l’impression de conduire un KART. Et comme le châssis est rabaissé de 3 cm, c’est encore mieux que la version Cooper S à essence. C’est le fameux « Go KART Feeling » si cher à la firme. C’est jouissif… du moins si l’on ne regarde pas la jauge à électron.

Mini annonce 230 km d’autonomie, mais évidemment à faire joujou comme cela, l’ordinateur annonce à peine plus de 120 km. Heureusement, son GPS connecté et la carte MINI ouvrent l’accès à un maximum de bornes dont un superchargeur Ionity qui me sera indispensable pour la ramener à bon port. Grâce à celle-ci, il est possible de la recharger avec une puissance de 50 kW et donc de faire un plein (du moins jusqu’à 80 %) en une demi-heure.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
5 / 5
Habitabilité
1 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
2 / 5
Confort
2 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Look toujours craquant
  • - Le sensations en conduite sportive
  • - Finition haut de gamme
  • - Batterie de faible capacitée en kW
  • - Tarifs élitistes
  • - Habitabilité très limitée

Conclusion:


Mini Cooper Électrique : le bilan est très mitigé.

Cette Cooper SE est une vraie MINI. Mignonne, personnalisable, performante, peut-être la citadine électrique la plus amusante à piloter du marché. Mais, elle ne tourne pas assez court en ville, offre une autonomie ridicule en toute circonstance, sans oublier qu’il faut s’abonner chez son kiné pour remettre en place ses vertèbres régulièrement saccagées. Et tout cela pour un tarif plus salé que les autres. Mon modèle haut de gamme s’échange contre un chèque de 40 800 €. Une offre de location est disponible pour 405 €/mois.

C’est peut-être la première MINI de l’histoire qui n’apporte pas grand-chose par rapport à ces concurrentes françaises bien plus rationnelles, Renault ZOE et Peugeot e-208 en tête. Mais son charme reste incomparable. C’est une icône souriante, désirable, sportive et très « prout-prout ». Voilà un pot-pourri d’arguments qui démontrent que cette nouvelle Mini électrique n'est ni une bonne citadine ni une bonne routière.

Largement de quoi faire de cette MINI Cooper SE un objet de désir non rationnel.