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Essai Nissan Juke II : le Captur en mieux ?

Début des années 2000, le constructeur japonais était un précurseur. Nissan a été la première marque à se lancer dans l’aventure des SUV/Crossover avec le Qashqai. Le succès phénoménal de celui-ci amena tout naturellement les ingénieurs à se lancer dans le segment inférieur, celui que l’on appellera plus tard les SUV urbains, avec le Juke. Après presque 10 ans d’existence et plus de 1,4 million d’unités vendues à travers le monde, voici venu le temps de le remplacer.

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Un nouveau Juke, dans le coup !

10 ans de carrière c’est… long. Même très long pour une auto. Pourtant, et malgré ses nombreux manquements, il s’est toujours bien vendu dans l’Hexagone. Pourquoi une telle réussite ?

Le style, pardi ! 52 % des acheteurs de Juke ont choisi ce modèle pour son design baroque. Alors vous pensez bien que le nouvel opus de ce SUV urbain ne pouvait s’affranchir de cette âme.
Il est vrai que le Juke II reprend à son compte les lignes du Juke 1 en y ajoutant de la modernité. Les lignes sont plus franches, sa carrure prend du galon, mais l’esprit est toujours là.
De face, par exemple, on retrouve avec bonheur les optiques rondes tout comme le bouclier. La calandre est haut perchée et récupère le « V » caractéristique des nouveaux modèles Nissan. Le profil reprend à son compte la ligne plongeante vers la proue et la ceinture de caisse est toujours aussi haute.
L’arrière est fortement inspiré du Juke 1, sauf qu’il devient plus costaud grâce à la sculpture franche de sa malle. Bref… il a belle allure ce Juke II.

L’habitacle pétillant de la première génération est quant à lui abandonné. Les stylistes lui préfèrent un mobilier plus sobre et moderne. D’ailleurs, la qualité de plastique n’a plus à rougir. Bien au contraire même. Dans ma version N-Design, le Juke mélange à la perfection le cuir, l’alcantara et les plastiques bien assemblés.

Un Juke 2 pour 1 seul moteur

Ce nouveau Juke ne se la joue pas « Menu de restaurant chinois », question motorisation. À son lancement, le Nissan ne propose qu’un seul et unique bloc. Il s’agit d’un 3 cylindres turbo injection directe carburant à l’essence cubant un litre. Il développe 117 chevaux et 200 Nm de couple avec la fonction overboost. Le seul choix du client se portera sur la boîte de vitesses. Nissan offre la boîte de vitesses manuelle à six rapports, mais propose en option une boîte séquentielle à double embrayage. Elle dénombre sept rapports, provient de l’équipementier d’origine Getrag et coûte 1 500 €.

Ne vous inquiétez pas…

Vous n’aurez pas le même Juke que votre voisin puisque Nissan a travaillé sur la personnalisation de son petit SUV. Plus de 10 couleurs de carrosserie peuvent se marier avec 10 combinaisons de coloris biton métallisés sur lesquels s’ajoute le choix entre 5 finitions et les jantes de 17 à 19 pouces.

Nouveau Juke, plus français que jamais !

Malgré les problèmes entre les deux marques de l’Alliance, ce nouveau Juke a tout simplement chipé la plate-forme CMF-B du dernier Renault Captur. C’est pour cela que le SUV gagne quelques centimètres un peu partout par rapport à son prédécesseur. Désormais, le Juke taille 4,21 mètres de longueur, 1,80 mètre de largeur et 1,59 de hauteur. Pourtant, Nissan annonce une perte de poids de l’ordre de 35 kilogrammes et une rigidité accrue de 13 %.

Ce n’est pas tout. Cette nouvelle plate-forme lui fait gagner pas moins de 10 centimètres d’empattement pour atteindre 2 636 millimètres. Résultat : deux adultes peuvent enfin s’installer à l’arrière sans pour autant être un as du contorsionnisme. D’ailleurs, pour la soute à bagages c’est la même histoire. Du ridicule 251 litres du Juke 1, le nouveau propose un confortable 422 litres d’espace disponible dans le coffre.


Le Juke II : bien dans son temps !

La conception de l’ancien Juke, qui remonte à plus de 10 ans, ne lui permettait pas de prétendre aux standards modernes de connectivité d’une automobile. C’est maintenant le cas pour ce nouveau Juke qui est équipé des dernières technologies.

Le multimédia se contrôle via la tablette tactile de 8 pouces trônant sur le haut de la console. Il intègre un GPS TomTom connecté capable de communiquer avec votre smartphone. Par exemple, vous faites votre trajet sur l’application de votre mobile et celui-ci se retrouve automatiquement sur l’écran de votre Juke. Simple et super efficace dans la vie quotidienne. Ceci dit, si vous préférez user de WAZE ou de Deezer, il vous faudra vous brancher via l’USB et passer en mode Androïd Auto ou Apple CarPlay.

Il y a aussi la sono. Elle a été spécialement conçue par les acousticiens de BOSE. En plus des haut-parleurs dans les portières et des tweeters sur la place de bord, vous trouverez des enceintes sur chacun des appuie-têtes. En plus de délivrer la bagatelle de …. WATT (on attend encore le chiffre exact de la part de Nissan), ils délivrent un son d’une qualité jamais vue sur ce type d’engin.

Continuons notre petit tour technologique avec les assistances à la conduite de Nissan. Bon élève qu’il est devenu, le Juke II dispose dorénavant d’un nombre suffisant de systèmes de conduite pour s’enorgueillir d’être un véhicule semi-autonome de niveau 2. Le Nissan ProPilot, qui s’active d’une pression sur le bouton bleu de la branche droite du volant, combine le régulateur de vitesse autoadaptatif au maintien dans les voies, ainsi qu’au freinage d’urgence.

En ville, on ne reconnaît plus le Juke. Facile, docile même avec sa boîte automatique, il fanfaronne dans les ruelles escarpées du vieux Montpellier. L’amortissement est raisonnablement confortable et sa position haute ouvre le champ d’action de sa vision. On domine les opérations… du moins de loin, car la ceinture de caisse la limite à tout objet à moins d’un mètre de distance. Bien heureusement, il suffit d’enclencher la caméra à 360° pour s’extirper des mauvais pas.

Sur route, il nous surprend. La direction est maintenant précise, les suspensions travaillent comme il se doit et l’insonorisation est bonne. En conduite plus dynamique sur les routes sinueuses de l’arrière-pays, il révèle un certain talent. Attention, ce n’est pas une sportive. Ses 117 canassons ne le lui permettront jamais. Ceci dit, le 3 cylindres est volontaire et ne rechigne pas à la tâche. Il sera largement accompagné dans l’effet « plaisir de conduire », par un châssis stable et prévenant. Le roulis, bien que présent, n’empêche en rien les appuis francs pour des passages en courbe à vitesse grand V. Nous nous surprenons à avoir un petit rictus aux commissures. Ça veut tout dire !

Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
4 / 5
Confort
3 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Les prestations dynamiques
  • - Habitabilité enfin digne
  • - Style moderne
  • - Un seul moteur au lancement
  • - Elle perd un chouïa de son PEPS

Conclusion:


Le Juke s’est bonifié ! Plus agile en ville, sobre sur route et serein en montagne, il offre des prestations dynamiques dignes de son cousin Renault Captur. Quoi de plus normal puisqu’il lui a tout chipé ?

C’est d’ailleurs une bonne pioche pour Nissan, car à la différence du Renault, le Juke a une allure vraiment originale qui marque la rétine. Son espace à vivre ne craint plus la concurrence et ses technologies sont au niveau. Cherry on the cake, Nissan le propose à 900€ de moins que son jumeau tricolore à équipements équivalents et disposant de 17 canassons de plus.

Alors, pourquoi se priver ? C’est certainement le choix unique du moteur qui bridera son champ des possibles.