Essai Peugeot E-3008 : à rien n’y comprendre…

3008 est le véhicule qui a véritablement sorti Peugeot de la panade. Si la première génération hésitait encore entre l’espace à vivre du monospace, qui était en train de passer de mode, et les lignes sportives d’un SUV, qui lui gagnait des parts de marché, le second opus ne tergiversait plus. Avec son allure moderne et agressive, il s’est vendu comme des petits pains sur le vieux continent. Un succès commercial qui lui a permis de s’écouler à 1 million d'unités en Europe, dont plus de 400 000 exemplaires en France. Cerise sur le capot, ce 3008 est une véritable machine à marge. Alors, remplacer ce best-seller est donc un challenge de taille. Si nos voisins teutons, coutumiers du fait, tremblent devant leur feuille de papier et créent des générations de modèles qui se ressemblent traits pour traits, génération après génération, chez Peugeot, on a pris le pari de faire exploser les codes. Les concepteurs se sont lancés dans la bataille du SUV compact avec un tout nouveau concept qu’ils espèrent être une arme de séduction massive. Je vous propose de partir avec nous dans la région cannoise, pour prendre en main cette toute nouvelle génération de Peugeot 3008.

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Peugeot E-3008 : En ordre de bataille !

Avant de partir « tout de go » avec cette nouvelle génération de Peugeot 3008, il convient de faire le point sur ce qu’elle a dans le ventre.

La nouvelle 3008 n’est pas une réitération de l’ancienne génération. Tout est nouveau sur cette lionne !

Commençons par la plateforme, la STLA Medium. Dès le départ, elle a été conçue et pensée à Sochaux en tant que base technique capable d’emmagasiner tous types de système de propulsion. On parle donc de groupe motopropulseur micro-hybride et hybride rechargeable. Ce n’est pas tout, car au centre de cette STLA, un caisson d’aluminium renforcé peut accueillir des batteries de grande capacité et leur système de refroidissement. On parle d’accumulateur d’une puissance de 98 kWh. Évidemment il s’agit de batterie au lithium-ion, car STELLANTIS travaille sur des batteries dites solides, qui offriraient une densité énergétique de plus de 33% supérieure. Ça veut dire quoi ? Soit on réduit le poids de la batterie de 33%, c’est-à-dire 150 kg, et cela ferait réduire les consommations de l’ordre de 10 à 15 % et par voie de conséquence l’autonomie. Soit on rajoute, dans le même espace, 33% d’énergie. Ce qui porterait le stockage d’électrons à environ 130 kWh, soit environ 1000 km en WLTP ou 700 km en réel. Largement de quoi faire catapulter la voiture électrique dans une nouvelle ère. Mais ça, c’est pour plus tard. On parle de 2026/2027.

Revenons à notre nouvelle 3008 qui, à son lancement, sera déjà disponible en 100% électrique. Et c’est elle que nous avons en main. Si en 2025, E-3008 proposera la fameuse batterie de 98 kWh qui a été homologuée pour 700 km d’autonomie, à son lancement, le SUV devra se contenter d’une batterie de 73 kWh. Ce qui lui permet d’annoncer un rayon d’action de 527 km selon le cycle normé. Un chiffre qui permet de placer ce SUV dans la bataille des voitures électriques du moment, puisqu’elle fait tout aussi bien qu’une Tesla Model Y ou Volkswagen ID.4 ou encore Skoda Enyaq, sans oublier la nouvelle Renault Scenic E-Tech.

Pour la recharge, cette Peugeot E-3008, tiendra sa ligne de position avec un chargeur embarqué en courant continu capable d’encaisser des forces de 160 kW. De quoi revendiquer un plein d’électrons en environ 30 minutes. Tout comme la concurrence donc. Mais la marque a tout de même positionné quelques mines pour dégommer l’américaine et les teutonnes. Il s’agit d’un chargeur embarqué en courant alternatif de 22 kW (disponible en option). Ce qui lui permettra de reprendre la route deux fois plus vite que les panzers et la californienne sur les bornes publiques qui pullulent dans les campagnes.

Par contre, les ingénieurs ont été floués, par leurs « indics ». La E-3008 se contente d’un e-moteur de 210 canassons. Si cette puissance était dans le coup jusqu’à fin 2023, les chars d’assaut du groupe Volkswagen ont subi des modifications notables pour le millésime 2024. L’ensemble de ces machines électriques sont passées de 204 à 286 chevaux. La lionne marque donc franchement le pas sur ce point et ce n’est pas les 8,8 secondes pour expédier le 0 à 100 km/h qui lui permettront de tenir la dragée haute dans une course de drag-race. Elle devra se contenter de batailler avec la Model Y, sur ce point.


E-3008 : Une arme de séduction massive ?

Pour aller prendre en main l’une de ces toutes premières E-3008 sorties des usines Peugeot, il nous fallait nous rendre dans notre cher Sud. La firme espérait y trouver chaleur et bonheur, mais il n’en fut rien. Le temps était plus à la tempête qu’à la fête. Peu importe, nous voilà avec notre paquetage dans un vol Air France direction Cannes et ses alentours.

Après vingt très longues minutes dans un BUS surchauffé, nous voilà enfin devant un hangar qui abrite, normalement, des avions à réaction. Les portes s’ouvrent et le sergent-chef nous ordonne de laisser notre attirail sur le bas-côté. Car il était temps de découvrir, de nos yeux, ce nouvel engin de transport tout-chemin.

Un couloir sombre. Une lueur étrange. Une porte blindée… et les voilà !

La gueule est menaçante ! Les optiques poussés tout en haut dans les coins sont reliés entre eux par une bande noire laquée laissant apparaître au centre le monogramme « 3008 ». La calandre ovoïdale est des plus étranges. Les griffes se positionnent sur les côtés comme pour marquer l’empreinte rétinienne du spectateur. Un pas sur le côté et le profil semble comme taillé pour fendre l’air. L’habitacle est repoussé sur le train arrière, laissant apparaître un long capot moteur horizontal qui s’oppose à la ligne de toit plongeante de la malle arrière. Cet effet de style singe les panzers teutons qui se targuent d’être des SUV dits « coupé ». Le français se contente d’un terme, bien plus approprié et non galvaudé : SUV Fastback. Comment ne pas dire mots sur ces grandes roues. Elles sont comme habillées et remplissent parfaitement l’espace. En poupe, point de doute. E-3008, met en garde les récalcitrants avec un design à la fois massif et spectaculaire. Celui-ci rejette dans les hauteurs le bandeau noir et les galbes des muscles.

Cette Peugeot E-3008, semble être une machine féroce prête à bondir sur sa proie, mais dès que vous vous installez à son bord vous comprenez de suite que vous êtes derrière le volant d’un avion de chasse. Le cockpit, un atout maître du SUV compact de Peugeot a été entièrement repensé. Plus enveloppant que jamais, il maximise l’attention du pilote sur son objectif via des écrans à hauteur du regard. La console centrale, bien que d’une finesse d’exécution digne du grand luxe, se positionne parfaitement sous les mains du pilote. Les gâchettes de tirs, sont pour la plupart du temps tactiles, bien que certaines commandes, essentielles, restent physiques. Des raccourcis configurables à souhait, lui permettent d’optimiser son temps de réaction à la micro-seconde près. Les troupes seront à leur aise sur le second rang, avec une vue imprenable sur les cieux via le grand toit panoramique ouvrant. Les fusils et autres armes de poing trouveront largement leur place dans la soute à bagages, bien carrée, de 520 litres.



Si le pilote se prend à rêver d’être à bord d’un mirage 2000, il tempérera rapidement ses véhémences. Les 210 canassons disponibles dans les écuries n’ont pas le « PEPS » et la fougue que je lui prêtais volontiers. Ce n’est pas que la cavalerie soit lymphatique. Bien au contraire ! Les performances sont bien présentes, et le chrono de 8,8 secondes pour taper les 100 km/h semble réel. Non… c’est que le châssis est capable d’encaisser une horde sauvage bien mieux armée. La tenue de cap est, comme de coutume chez Peugeot, du meilleur niveau. Le train avant, ne se fait jamais déborder et tient inlassablement son cap. Il m’en faut plus, pour vraiment appréhender cette terrible machine, qui devient même douce en ville avec ses suspensions capables d’encaisser convenablement les travers de la chaussée, alors que quelques minutes, elles stabilisaient parfaitement les presque 2,2 t de l’engin de métal sur les virages de montagnes.

Il n’y aura que les consommations qui, dans ces conditions d’essai, montreront une certaine négligence technique. La moyenne oscillant entre 18 et 20 kW, ne semble pas vraiment au niveau du reste. C’est moyen, pour ne pas dire passable, voire… médiocre en comparaison de la concurrence Californienne.

Conclusion:

Peugeot vient de nous délivrer une toute nouvelle génération de 3008. Partant d’une feuille blanche, il faut bien l’avouer que les concepteurs ont fait un travail, qui semble à première vue, remarquable. Si le modèle a pris quelques kilogrammes sur la balance, c’est pour mieux répondre à l’ensemble des besoins et attentes du marché. 3008 offrira aussi bien du micro-hybride, de l’hybride rechargeable que du 100% électrique. C’est une prouesse technique !

La E-3008, semble être bien née. L’allure, qui me semblait difficile au premier regard (surtout dû à la face avant), a petit à petit gagné mon enthousiasme. Mais c'est surtout en pénétrant dans son habitacle qu’elle a su gagner mon cœur. Les matériaux sont beaux. Les ajustements de haut niveau. L’ambiance est unique. L’ergonomie bien vue et le poste de pilotage est un régal. Si vous y ajoutez un silence d’or, un toucher de route excellent, on pourrait croire à une voiture parfaite… Bien évidemment, elle ne l’est pas. Sa charge rapide, n’a rien de disruptif. Heureusement, le client peut opter en option pour le 22 kW en alternatif. Sa consommation d’électrons n’a rien de spécial par rapport aux concurrents teutons du groupe VW qui offrent pourtant un moteur bien plus puissant (210 vs 286 ch).

Enfin, la douloureuse… ?
C’est ici que Peugeot me surprend le plus. Sachez que E-3008 est proposée en deux finitions à son lancement. La E-3008 Allure, est bien équipée et s’échange contre un chèque de 44 900 €. Mieux encore, la E-3008 GT, parfaitement équipée, demande « seulement » 46 900 €. « Seulement » car la concurrence allemande du groupe VW, propose à ce prix des versions sous-équipées et parfois même des versions avec des petites batteries et des moteurs limitant la cavalerie à 170 chevaux.

Les nouvelles Peugeot E-3008, sont donc « pas chères »… à rien n’y comprendre…


Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
4 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • + Un intérieur ... non, un univers !
  • + Espace à vivre au meilleur niveau
  • + Tenue de route dynamique
  • + Allure vraiment originale, mais ...
  • - ... la face avant divise
  • - Batterie 400 V....
  • - 210 chevaux pas gaillards
  • - Pas de FRUNK

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