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Essai Range Rover Evoque : un gladiateur des temps modernes

La Grèce n’est pas que le berceau de la république ou un splendide conservatoire de ruines antiques. Ce pays reconnu comme l’un des berceaux de l’Europe ne se limite pas, non plus, à son lointain passé prestigieux mis en lumière par des péplums d’Hollywood. La Grèce a beaucoup à proposer à qui sait sortir des sentiers battus. Mais pour sortir du macadam, il nous faut une monture capable d’arpenter ses routes et chemins.

C’est la raison pour laquelle me voilà au Péloponnèse, avec la nouvelle génération du Range Rover Evoque. Alors, bienvenue à bord du nouveau SUV compact chic et robuste de la vieille et vénérable dame, Land Rover.

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Range Rover Evoque : une star !

Ce Land aux allures d’un baby Range Rover est né de rien, ou presque. En effet, ses lignes tendues nous sont apparues, pour la première fois en 2008, sous la forme d’un prototype extrêmement audacieux. Le «hic», c’est qu’il a tellement plu, que le nouveau propriétaire d’origine indienne de Jaguar-Land Rover a imposé sa réalisation aux ingénieurs britanniques.

Bien lui en a pris puisque, depuis 2011, 450 000 unités se baladent sur nos routes que ce soit en coupé, 5 portes et même cabriolet. Un succès tel qu’il représente un tiers des ventes de la marque et que la firme anglaise est depuis propulsée dans une autre dimension, regardant fièrement les premiums teutons dans le blanc des yeux. Alors, lorsqu’il est temps de proposer un nouvel opus de son Evoque, la firme toute entière frémit d’impatience.

Un nouveau design pour un nouvel Evoque ?

Ceci a dû être l’un des plus gros problèmes pour les concepteurs du SUV. Comment ne pas brusquer les clients qui se sont rués sur ce modèle uniquement pour son style avant-gardiste ? Comment garder un coup d’avance avec cette nouvelle génération ?

Si la réponse est multiple, voici en tout cas celle de Land Rover, juste là devant mes yeux à l’aéroport d’Athènes. Il faut admettre qu’ils ont été très conservateurs, les designers. Reconnaître un Evoque et un Evoque 2 sera un exercice d’expert.

De face, on devine de suite le modèle, sauf que celui-ci évolue presque comme un gros lifting. La calandre et sa grille s’étirent franchement jusqu’aux optiques. Celles-ci utilisent la technologie LED pour devenir plus fines et plus larges. Le bouclier prend de l’envergure et se voit percé par de larges bouches d’aérations qui en plus de refroidir le moteur, ventilent les freins.

Je passe sur le côté de l’engin. Et là… bah… c’est comme « bonnet blanc ou blanc bonnet ». Il conserve clairement son allure rectiligne avec son capot moteur plongeant marqué par d’énormes passages de roues qui laissent de la place pour des jantes en alliage taille XXL. La ligne de toit fuit vers la poupe et semble rejoindre la ligne de caisse quelques centimètres derrière la malle. C’est franc, musculeux, sportif tout comme sa devancière.

Je continue mon petit tour du propriétaire et passe sur l’arrière-train. C’est ici que l’on repérera facilement cette nouvelle génération. Même si l’Evoque conserve le dessin « carré » de sa poupe agrémentée par des canules d’échappement, un sabot et un extracteur d’air, il s’affranchit de ce mimétisme avec les feux qui forment un bandeau noir charismatique.

Nouvel Evoque : je me jette dans le cockpit.

Ici, pas de grande surprise non plus, on retrouve la «patte» Range Rover avec une harmonie de teintes et des lignes simples. Cela dit, cet Evoque se veut largement plus technologique que jamais. Et c’est vraiment réussi avec la console centrale et la planche de bord dominées par deux écrans digitaux, en plus de l’instrumentation digitale entièrement paramétrable derrière le volant (selon les finitions et options).

L’écran supérieur contrôle la navigation, la sono et la téléphonie. L’écran inférieur, quant à lui, se focalise sur la climatisation et les modes de conduite. Le tout est complet et propose des connexions Apple CarPlay et Android Auto. Cerise sur le gâteau, il ne demande qu’un tout petit temps d’adaptation. Son ergonomie devient un vrai délice avec le temps !

Les nouveaux sièges sont moins spectaculaires que la toute première version, mais leurs habillages sont plus élégants et les matériaux plus flatteurs. Ils se conjuguent parfaitement avec les panneaux de portes et l’habillage de la planche de bord.

Un Evoque techno !

L’équipement fait un énorme bond en avant, avec la correction de trajectoire, le freinage autonome, la détection de somnolence, une ouverture du hayon «mains-libres», l’alerte de franchissement de voie et l’ATPC (All-Terrain Progress Control) hérité des gros Range.

Pour la première fois dans ce genre d’automobile, le rétroviseur peut utiliser une caméra dorsale grand-angle qui élimine les angles morts de trois quarts arrière. Impossible d’oublier, également le système Ground View qui rend le capot moteur transparent et ne laisse que les roues sur l’écran central. Une astuce qui devient indispensable en tout chemin.


En route avec le nouveau Range Rover Evoque

Le dépaysement se trouve en fait là où, a priori, il n’y a rien à voir. C’est dans les endroits perdus de la Grèce que l’on a encore la chance d’être accueilli dans le respect de la tradition grecque, celle de la philoxénia, l’«hospitalité» traditionnelle des Grecs, qui existe encore dans certains lieux oubliés. Alors, pas question pour moi de rester dans la capitale et sa banlieue. Le road book m’emmène dans le Péloponnèse.

Évidemment, pour arriver à ce Graal touristique et surtout routier, il me faut passer les 100 premiers kilomètres d’autoroutes. La direction douce et la boîte de vitesses égrenant ses rapports me laissent le plaisir de me concentrer sur les éléments techniques. Toutes les aides sont enclenchées et je n’ai qu’à contrôler l’humeur de celles-ci. Les bornes défilent et l’ordinateur de bord peine à descendre sous les 13 litres aux 100 km. Pourtant mon bolide est équipé d’un 4 cylindres turbo essence à hybridation légère.

Ke-sa-ko?

C’est une toute nouvelle solution technique qui commence à s’installer chez les nouveaux modèles. Ils utilisent tous le même principe. Une «petite» batterie haute tension de 48 volts s’occupe de récupérer l’énergie au freinage et en descente. Celle-ci alimente en courant les équipements de la voiture. Résultat: un gain d’environ 6%.

Le défaut de cette solution ? Le poids.

Car si l’Evoque use d’une toute nouvelle plateforme, il est tout de même lourd, notre SUV. Comptez environ 1850 kg. Et forcément, cette musculature l’empêche de livrer bataille avec les SUV sportifs comme peut le faire son cousin Jaguar E-Pace (d'ailleurs notre essai Jaguar E-Pace 240D est à lire ici).

Plus confortable et plus doux, l’Evoque vous cocoone dans un environnement parfaitement isolé du monde extérieur. L’insonorisation est au TOP et le confort d’amortissement jouit d’une efficacité rare. Mais sans avoir le tranchant du E-Pace, l’Evoque ne tiendra pas moins honorablement son rang lorsque j’augmenterai le tempo.


Range Rover, non un aventurier, cet Evoque !

Le truc lorsque vous avez un Range Rover entre les mains, c’est qu’il y a comme une sensation étrange, ou plutôt une petite voix sur votre épaule gauche qui vous dit « qu’il serait dommage de se limiter à un circuit on ne peut plus classique, sans pousser la curiosité un peu plus loin. Les chemins de traverse sont faits pour être empruntés ! Sans oublier que le plus court chemin entre deux points est la ligne droite, même si elle passe par la montagne».

En même temps, ça tombe bien l’Evoque dispose du Terrain Response 2. Il contrôle la progression en tout-terrain, fournit une assistance en cas de faible motricité, gère la vitesse en descente ainsi que le relâchement des freins.

Dans les faits, cela veut dire qu’il passe partout. Rien ne lui fait peur. Une roche, on passe en douceur. De la rocaille tranchante, pas de problème, on active les caméras pour savoir où on place les roues. De la boue gluante, ici, c’est plein gaz. Une pluie torrentielle ? Elle ne nous fera pas tourner les talons puisqu’il est comme insubmersible et peut s’affranchir de gués allant à plus de 60 cm.

Cet Evoque est comme ses grands frères, une bête en tout chemin. Aucun SUV compact Premium ne peut rivaliser avec sa transmission intégrale et son système de blocage du différentiel arrière actif.


Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
2 / 5
Confort
4 / 5

Verdict

  • - Toujours aussi attirant
  • - Confort et insonorisation au top !
  • - Finition intérieur très haut de gamme
  • - Des capacités en tout terrain hors normes
  • - Son poids qui le bride en perfomance
  • - Attention aux tarifs élitistes

Conclusion:


Musclé, le Range Rover Evoque l’est autant en photo que dans la rue ! Et c’est ce qui lui a permis de conquérir les cœurs de nombreux d’entre nous. Cela dit, cette machine n’est pas exempte de reproches. Lourd, plutôt cher, et gourmand en énergie, l’Evoque offre autre chose. Un style de vie qui s’affranchit des sentiers battus.

Et c’est bien là l’essence d’un Range Rover Evoque. C’est un gladiateur des temps modernes qui n’a pas peur de sortir ses belles jantes du tarmac bien lisse et d’offrir à ses occupants un moment d’aventure qui reste dans les mémoires.

Photos© Land-Rover

Pour le plaisir, voici un comparatif de fiches techniques entre les deux générations d'Evoque : le Range Rover Evoque D180 BVA AWD MY 2020 contre  le Range Rover Evoque TD4 180 4x4 MY 2019.