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La Casa de Papel : « Être belle comme une Maserati » ?

La réplique cinglante de Denver à Rio dans l'épisode 2 de la saison 4 de La Casa de Papel, également connue sous le nom de Money Heist, n'est pas passée incognito. C'est au moment le plus intense de la série que les braqueurs confinés dans la banque espagnole commencent à se faire des confidences qui tournent au reproche. En effet, désespoir ultime ou amour secret, Denver, le braqueur incarné par Jaime Lorente, lâche les quatre vérités à son acolyte Rio, interprété par Miguel Herran : « t'as abandonné Tokyo. T'en connais combien des gars qui abandonneraient Tokyo ? Et d'ajouter, Tokyo c'est une Maserati et tout le monde veut une Maserati ».

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Toute la subtilité du sous-entendu se relève dans la version anglaise et espagnole où le champ lexical est beaucoup plus fleuri : « Tokyo is a fucking Maserati, everyone wants one », « Tokio es un puto Maserati, todo el mundo quiere uno » alors que dans la version française la traduction reste beaucoup plus édulcorée : « Tokyo c'est une Maserati, tout le monde veut une Maserati » et d'insister lourdement « quand on en a une, faut vraiment être taré pour la garer dans la rue avec les clés dessus et les portières ouvertes ».

Juste un tour, rien de plus

La comparaison avec une supercar italienne aurait pu s'arrêter là, mais les scénaristes de la célèbre série Netflix ont continué à filer la métaphore dans l'épisode 3 de la saison 4. L'analogie avec une Maserati semble flatter l'égo de Tokyo, interprétée par Úrsula Corberó qui vient demander confirmation auprès de l'intéressé : « alors je suis une Maserati ? ».
Embarrassé, Denver reste confus mais Tokyo le rassure aussitôt : « Il n'y a rien de grave, [ à vouloir faire un tour en Maserati], si tu veux, tu peux faire un tour ? »
— Qu'est-ce que tu racontes encore ?
— C'est rien, c'est juste un tour, rien de plus ?
Et le côté vil et macho de Denver d'enchaîner ainsi : « la Maserati je la fais monter à 200 à l'heure, je la fais déraper jusqu'à ce que les pneus fument.» Et ça m'en touche une sans bouger l'autre.
— T'es un mâle dominant ? relance Tokyo
— Bien couillu, alors fais gaffe, faudrait pas que tu finisses au garage les suspensions explosées. Et je te raconte pas l'état du châssis.

Au-delà de savoir si l'expression « être belle comme une Maserati » va devenir monnaie courante dans les cours de récré, les spécialistes souligneront le non-sens de l'expression. Qu'est-ce qu'une Maserati ? À quel modèle fait-on référence ? Une Maserati Levante ? La classique Quattroporte conduite par Omar Sy dans Intouchables ? La sulfureuse Ghibli qu'Alain Delon conduit dans La Piscine ? L'emblématique Maserati Biturbo 425 dans le célèbre James Bond, Permis de tuer ?

Ou la nouvelle GT, « jeune, élégante, qui procure de bonnes sensations et dans laquelle tout le monde aimerait faire un tour », analyse Aurélien, aficionado de la série et passionné d'automobile. Avis partagé par Pauline, une fan de la série qui reconnaît que physiquement Tokyo a un « côté sex, un peu badboy agressif en quête d'adrénaline mais qui reste très énervante dans la série car elle manque de maturité ».
Lucie qui a regardé la série pense qu'« aucune femme ne mérite d'être comparée à une Maserati ». Loin de se comporter comme une supercar italienne, elle trouve que l'actrice « se comporte plus comme une vieille Twingo, avec son côté incontrôlable et indomptable, avec aucune tenue de route, qui répond mal aux de coups de volants dans un virage ».

On notera quatre mentions de la marque « Maserati » dans l'épisode 2, deux occurrences dans l'épisode 3 et enfin trois références dans l'épisode 5 — soit un total de neuf fois où les acteurs ont prononcé la marque du constructeur italien. N'en déplaise aux féministes mais la blague, aussi maladroite qu'elle puisse être, relève tout simplement du produit marketing et d'un placement publicitaire plus ou moins caché de la marque au trident . En témoigne cette publication sur la page Maserati qui a aussitôt publié une photo d'une Maserati avec le fameux masque de Dali utilisé par les braqueurs et avec en légende : « Tokyo, Maserati, it's all the same. It's called desire. (Tokyo, Maserati, c'est pareil. Cela s'appelle le désir, ndlr) La Casa de Papel #LCDP3 #Maserati #MaseratiAtTheMovies »

Jesus Colmenar, le directeur et producteur exécutif de la Casa de Papel analyse rétrospectivement l'impact de la série sur l'audience : « on a tous besoin de symboles », phrase bateau que l'on pourrait traduire de façon plus pragmatique par « on besoin d'argent », et comme dans la série tous les moyens sont permis pour s’enrichir.