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Essai Audi RS Q8 : un SUV opposé aux lois

L’Audi RS Q8, cousin germain du Lamborghini URUS, fait partie de cette race de véhicules que l’on pourrait sobrement qualifier de hors-norme et qui se paie même le luxe d’attirer l’attention des plus réfractaires aux SUV. Il faut dire que l’engin ne fait pas dans la demi-mesure !

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Passons rapidement sur l’esthétique du bestiau, dans son genre ce n’est pas le pire du lot et il me semble plus homogène dans son style par rapport aux concurrents de chez BMW et Mercedes. Simple affaire de goût, me direz-vous, et je me suis déjà étendu sur la question dans mon essai du Q8 50 TDI, mais à part sa calandre béante, le Q8 ne me fait pas fuir.

Bien entendu, cette version RS se différencie des autres versions par une grille de calandre spécifique, un bouclier avant ajouré plus agressif et un bouclier arrière spécifique laissant apparaître deux larges canules d’échappement. Coques de rétroviseur grises et énormes jantes exclusives de 23 pouces (en option) parachèvent la transformation. Que l’on aime ou pas, impossible de nier qu’il a « de la gueule » et qu’il impressionne.

De l’espace et du sport

Avec ses 5,01 mètres de long – dont un empattement de 3,0 mètres – et 2,0 mètres de large, le RS Q8 est encombrant, mais cela profite au généreux espace intérieur à commencer par le coffre de 605 litres. Les passagers arrière bénéficient d’un espace très appréciable et une garde au toit correcte même pour les grands gabarits tandis qu’à l’avant il sera bien difficile de ne pas se sentir à l’aise.



Cette déclinaison RS propose une finition spécifique avec des sièges sports en cuir Valcona noir matelassé badgé RS, des surpiqûres rouges, des inserts en carbone ou encore de l’alcantara que l’on retrouve sur les contre-portes, le sélecteur de boîte de vitesse ou encore sur le volant. Petite nouveauté sur ce dernier, que l’on retrouve désormais sur toute la gamme RS, le bouton RS Mode qui permet de passer sur les deux modes RS directement sans passer par le Drive Select au tableau de bord.

À l’aide

Sous le capot, nous retrouvons le V8 biturbo de 4,0 litres qui anime déjà quelques modèles du groupe tels que l’Urus, la RS6 ou encore le Cayenne Turbo avec plus ou moins de puissance. Ici, il délivre la bagatelle de 600 ch à 6 000 tr/min et un couple dantesque de 800 Nm disponible entre 2 200 et 4 500 tr/min. Afin d’obtenir de tels résultats, Audi fait appel à sa technologie d’hybridation légère « mild-hybrid » reposant sur un système 48 V. Outre un système Stop/Start plus efficace ou la désactivation des cylindres, c’est surtout le compresseur électrique soutenant le turbo qui nous intéresse ici. Ce dernier permet de supprimer les temps de réponse du turbo et donc de bénéficier d’un couple conséquent dès les bas régimes, tout le temps.



Pour tenir le pavé en toute circonstance, l’Audi RS Q8 fait le plein d’aides et de technologies mixant l’électronique avec la mécanique. Tout commence bien entendu par le système Quattro à 4 roues motrices et directrices avec différentiel Sport auxquelles on ajoute la suspension pneumatique adaptative ou encore le système antiroulis actif électromécanique. À tout cela s’ajoute bien entendu une pléthore d’aides rendant la conduite semi-autonome.

Ça passe fort

Oublions un instant l’inutilité totale de cet engin démoniaque et arrêtons-nous sur les performances. Il ne faut que 3,8 minuscules secondes pour propulser depuis l’arrêt les 2 315 kg du RS Q8 jusqu’à 100 km/h… tout simplement dément ! Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin lorsque la vitesse maximale s’établit 5 km/h au-delà des 300 km/h ? À part peut-être pour préserver votre permis de conduire.

Néanmoins, même si les performances impressionnent pour un tel engin, des « caisses de ligne droite » ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, par contre, c’est le tour de force de vous faire croire que ce super SUV est léger et agile une fois le volant en main. Entre les 4 roues directrices très utiles et la débauche d’électronique, le RS Q8 défie les lois de la physique et fait preuve d’une efficacité étonnante. Il est parfaitement déroutant de prendre un véhicule aussi lourd et haut sur patte et de le faire passer en courbe aussi facilement à des vitesses que les lois terrestres semblaient encore interdire il y a peu…



Les énormes disques de frein en carbone-céramique, en plus de faire gagner 48 kg, se montre d’une belle efficacité, mais l’endurance pêchera si vous répétez trop souvent les forts appuis sur la pédale dédiée. De plus, et malgré tous ses efforts, le SUV sportif se déleste sensiblement de l’arrière qui tend à légèrement louvoyer sur les freinages appuyés. La physique semble avoir encore son mot à dire. Sauf peut-être lorsque l’on évoque l’excellence du confort alors même que l’on repose sur des jantes de 23 pouces qui devraient nous en priver.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
3 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Performances
  • - Confort
  • - Poids
  • - Tarifs

Conclusion:


L’Audi RS Q8 est de ces engins inclassables qui, même lorsque l’on ne les aime pas, ne nous laissent pas indifférents. Musculeux et impressionnant esthétiquement, le ramage se rapporte au plumage et lorsqu’il s’agit d’utiliser sa force, le Q8 survitaminé ne fait pas dans la demi-mesure. Néanmoins, à 154 900 € minimum, le bestiau ne trouve pas grâce à mes yeux face à une RS6 Avant à la fois plus élégante et efficace.