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Essai Land Rover Defender : indigne du DEF !

Contre mauvaise fortune, bon cœur. Ce proverbe ne quittera pas mon esprit pour ce premier galop d’essai du tant attendu Defender du 21e siècle. Car au lieu d’avoir ce monstre technologique entre les mains sur les routes de la pampa galloise et de traverser de part en part le mont Snowdon, me voici dans le département de l’Oise.
Pas très funky. C’est certain, mais au moins, j’ai pu approcher ce bestiau pour vous donner un avis.
Alors que vaut ce nouveau Land Rover Defender ?

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Land Rover Defender : rustique ?

Le Defender a marqué de son empreinte l’histoire automobile mondiale. Sorti pour la première fois des chaînes de montage en 1948 et seulement revu en 1983, ce 4x4 est une icône pour tous les baroudeurs. En 2016, les normes antipollution ont forcé la marque à arrêter sa commercialisation.
4 ans plus tard, le revoilà… mais ce n’est vraiment plus le même.

Du rustique 4x4, il ne reste plus rien. Fini le châssis antédiluvien, les essieux rigides, le turbo diesel semblant provenir d’un tracteur et la boîte de vitesses manuelle anachronique. Le Defender 2020 repose sur une plateforme en aluminium voisine de celle de son grand frère, le Range Rover.
Ses suspensions sont indépendantes et ses ressorts sont même contrôlés par une intelligence artificielle qui gère la pression pneumatique à l’intérieur. Un système que nous connaissons bien, puisque la firme l’utilise sur… Range Rover.

Ses moteurs ?
Tous issus de la dernière génération du groupe JLR. À tel point qu’on les retrouve au cœur des dernières berlines Jaguar. Leur puissance oscille de 200 à 240 chevaux en diesel et 300 à 400 chevaux en essence. Comme il faut également répondre aux besoins et règles antipollution, il recevra en fin d’année le moteur hybride rechargeable du… Range Rover, le P400.

Enfin… son look. S’il s’inspire franchement de son ancêtre, le nouveau Defender, semble sortir du Salon de l’automobile de Genève 2020. Il a une allure de concept-car ! Tout y est fluide, élégant et moderne.
En entrant à bord, on revient sur terre avec un habitacle certes spacieux, mais qui n’a rien de bien transcendant. Le mobilier, s’il est bien agencé et assemblé, n’est pas des plus fins. Selon la firme, il est conçu pour durer dans le temps. Dans tous les cas, on s’y sent bien et le système multimédia est le tout dernier du groupe britannique. Même Sa Seigneurie, Range Rover, n’y a pas accès pour l’instant.


Land Rover Defender : en route !

Un tout petit parcours, réalisé par les spécialistes du tout-terrain du « Land Rover Expérience », m’emmène affronter une butte à 36° et d’autres obstacles en tout genre.
Une rigolade pour cet engin conçu pour franchir des montagnes inhospitalières et arides. Il faut dire qu’il est équipé du Terrain Response 2. Vous savez le système électronique qui gère au centième de seconde la motricité de chaque roue. Il équipe le… Range Rover.
Et tout comme lui, ce Defender 2020 dispose également des suspensions pneumatiques capables de rehausser l’assiette de la caisse. Grâce à elles, le 4x4 peut se jouer d’un gué allant jusqu’à 90 cm.
Ce qui est le plus bluffant, c’est que tout se fait avec tant d’efficacité que l’on se sent presque spectateur… Et si vous êtes seul à bord, pas de problème pour repérer les alentours, le DEF est littéralement recouvert de caméras qui lui offrent une vision panoramique à 360°.

Après ce petit parcours, il est temps de prendre la route, car soyons francs, ce Defender 2020 sera le plus souvent utilisé pour cela. Et cela tombe bien, il y excelle !
Sa taille d’éléphant ? Elle se gère facilement.
Ses mouvements de caisse prononcés ? Ils ne posent aucun problème sur la tenue de route.
Son poids de mastodonte ? Le turbo diesel de 240 chevaux dispose d’assez de force.
L’insonorisation ? Elle est d’un niveau honorable.
La boîte de vitesses automatique ? Douce, précise, à tel point que l’on n’y pense même pas.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
5 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
4 / 5
Confort
5 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Un style de concept-car
  • - Des prestations haut de gamme
  • - Électronique dernier cri !
  • - Un franchisseur hors-pair
  • - Il perd son authenticité

Conclusion:


Le nouveau Defender est-il un digne successeur du DEF ?

Eh bien non !

Bon… certes, l’allure du nouveau Defender s’inspire du DEF, mais on reste assez loin de la tôle saillante et des plaques d’aluminium rivetées ici et là. Le nouveau Defender se la joue plutôt « Gentleman Farmer 2.0 ». Son style est élégant, fluide, même futuriste sous certains angles, le tout sans jamais nier ses capacités à crapahuter.
D’ailleurs, ses capacités en tout-terrain sont largement meilleures. Il faut dire que Land Rover a littéralement tout chipé au Range Rover.
Mais avec sa garde au sol, ses plaques de protection, ses suspensions pneumatiques et son dessin qui offre de meilleurs angles d’attaque et de fuite, il rehausse encore d’un cran les aptitudes des modèles Land Rover.

Question comportement routier, on n’est clairement plus dans le même univers. Les moteurs, la boîte de vitesses, le comportement routier, le confort sont d’un excellent niveau et s’inspirent des prestations de Sa Majesté, le Range Rover.

Le nouveau Defender, n’est donc plus un DEF, mais bien un Range Rover des champs.