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Essai Toyota Supra : Fast but not Furious

Lors de sa sortie sur grand écran en 2001, le fan de ciné que je suis s’est rendu à la salle la plus proche pour aller voir Fast & Furious et découvrir pour la première fois l’icône japonaise. Disparue des radars pour cause de stratégie centrée sur les modèles écologiques, la marque japonaise surprit le grand public en dévoilant le FT-1 Concept en 2014, préfigurant une succession à la 4e génération de la Supra. Après une longue gestation, la version de série est enfin entre nos mains. Saura-t-elle se tailler une part de marché au sein d’une concurrence qui veille encore au grain ?

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Toyota SUPRA : Think twice

On va tout de suite remettre les choses au clair – tout en restant modeste – si je suis plus sexy que Brian, le perso principal de Fast & Furious, je n’ai pas son talent au volant. Vous dire que je suis capable de rentrer dans les détails techniques de cette nouvelle Supra serait vous mentir. En revanche, vous détailler ce qu’un conducteur lambda et potentiel acheteur en a pensé fera plus sens, à commencer par son style. Car au moment d’être dévoilé sous forme du concept car FT-1, mon sourcil s’est haussé en me demandant ce qui pouvait bien se passer dans la tête des designers de chez Toyota : trop de courbes, pas d’harmonie, on est à des années-lumière des tendances actuelles et à venir.

Avec du recul, cette nouvelle Supra détonne par son style, car en la regardant aujourd’hui, on sait de suite qu’il s’agit d’une Toyota tout en muscle tandis que d’autres détails, courbes ou encore le double bosselage du toit qui m’avaient alors échappé, viennent attirer mon regard pour mon plus grand plaisir.

Elle ne plaira pas à tout le monde, c’est certain, surtout en comparaison avec les styles plus sages de la concurrence, mais a au moins le mérite de se démarquer aisément.
Si la couleur jaune fut mise en avant pour son lancement, le rouge Prominence de notre véhicule d’essai lui va tout autant à ravir.


Toyota SUPRA : Cocon dans un cockpit

Un petit sentiment d’excitation me parcourt lorsque l’on me remet les clés, avant d’être habité par une question de la plus haute importance : comment ouvrir le coffre ? Après quelques minutes à se sentir seul au monde, je trouve enfin le petit bouton dissimulé en bas de portière. OK, ce véhicule n’a pas vocation à transporter la petite famille, vu que c’est un strict biplace, mais il permet de stocker 290 litres dans le coffre, soit 2 gros bagages : il faudra donc voyager léger.

À l’intérieur, malgré des surfaces vitrées réduites, on pouvait craindre un sentiment de confinement encore plus prononcé avec une ligne de toit aussi fuyante, il n’en est rien. L’assise très basse permet de gagner quelques précieux centimètres pour permettre aux plus grands gabarits de se sentir à l’aise. Les sièges baquets se montrent d’ailleurs très confortables, mais laissent entrevoir un léger manque de maintien au niveau des cuisses.

Si les toutes premières générations de Supra reposaient sur des bases de Toyota Celica, cette nouvelle version partage de nombreux composants (moteur, boîte, éléments de planche de bord) avec la nouvelle BMW Z4. À l’intérieur, le dessin de la planche de bord est propre à cette Toyota Supra, avec un écran GPS de 8,8 pouces surplombant la planche ou encore les aérateurs venant s’ouvrir sur toute la largeur. Certains composants rappellent que cela a la couleur du Z4, mais il manque un petit quelque chose pour en avoir la saveur, à savoir la premium touch que l’on ne retrouve pas sur le volant ou encore certaines commandes. Reste que dans l’ensemble, les éléments sont de bonne facture.


Toyota SUPRA : Elle GR, cette Supra

Dès que j’appuie sur le bouton Start, un grand sourire se dessine sur mon visage. Le son rauque du L6 de 340 ch se montre jouissif et les premiers appuis sur l’accélérateur confirment cela. Le 6 cylindres me joue une partition tout en nuances, discret à bas régime, il sait feuler comme il se doit dès que l’on hausse le rythme. Assez pour provoquer de sympathiques sensations, avec ses 500 Nm de couple, sans pour autant irriter les oreilles, l’insonorisation étant de bonne facture et permettant de profiter de la sonorité moteur sans pour autant ressortir avec un mal de crâne au bout de quelques heures.

Un rapide coup d’œil sur la jauge à essence et je m’aperçois, après une centaine de kilomètres, que la moyenne affichée est de 12 l/100. De quoi choquer en ces temps de chasse aux surconsommations d’essence, mais somme toute raisonnable compte tenu de la puissance délivrée par le moteur.

Déjà habitué à l’excellente BVA8 chez BMW, cette dernière se montre toujours aussi efficace et rapide dans les changements de rapports tandis que les palettes reliées au volant sont un plus pour jouer avec les vitesses dans les virages.

Comme le trajet est essentiellement composé de routes de campagnes, 2 choses se produisent fatalement : je deviens un serial killer d’insectes malgré moi, mais surtout je constate que le plaisir de conduire une propulsion est bien présent grâce au combo moteur onctueux et répartition des masses en 50/50.

À chaque virage, c’est le pied, même si je regrette un peu le fait que la direction offre un léger relâchement à haute vitesse. D’un autre côté, elle me remonte correctement les informations et me permet de bien comprendre et ressentir comment se place la voiture lorsqu’on la brusque un peu dans certains tracés.

Toyota SUPRA : GT avant tout

Les quelques nids de poule et ralentisseurs viendront casser mon rythme et si j’ai été surpris par la raideur des suspensions au 1er abord, je m’aperçois au fil des kilomètres que les sièges viennent compenser, avec un certain moelleux. En osant m’arrêter quelques minutes pour effectuer des photos de la bête, je m’aperçois d’ailleurs que je ne suis pas « cassé » comme j’ai pu l’être sur d’autres modèles.
On reste donc sur un coupé typé GT et non sportif et cela s’en ressent également sur le freinage, ce dernier se montrant légèrement décevant, avec un peu moins de mordant qu’espéré. Dommage.

Mais à vous parler de sensations de conduite, j’en oublierais presque les équipements proposés. Sur ce chapitre, la Supra fait le plein en les proposant sur 2 niveaux de finitions. Le 1er baptisé Active permet de bénéficier du régulateur de vitesse adaptatif, la suspension adaptative, un différentiel actif ou encore le GPS de 8,8 pouces, pour un tarif de 65 900 euros.

Pour 2 000 euros de plus, avec la version Premium, vous aurez également le système audio JBL, l’immense affichage tête haute ou encore la recharge par induction. Cette finition n’est pas indispensable, mais justifie son surcoût.

Il est bien évidemment tentant de comparer la GR Supra à son homologue allemande. À moteur équivalent, on retrouve le BMW Z4 40i M Performance avec un tarif démarrant à 68 150 euros, mais imposant de choisir un pack d’options afin de retrouver certains équipements proposés de série sur la Supra : le régulateur de vitesse adaptatif ainsi que l’affichage tête haute se monnaient donc à 2 210 euros.

Pour autant, l’écart de prix entre les 2 versions complètes n’est « que » de 2 460 euros. Le problème vient du fait que la Toyota GR Supra soit positionnée à un tarif élevé, par un constructeur généraliste ne faisant pas de premium, question de mœurs. Cependant, cela ne fait quand même pas de la GR Supra un coupé aux qualités réduites, bien au contraire.

Performance


Performance
4 / 5
Tenue de route
5 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
3 / 5
Confort
4 / 5
  • - Le design atypique
  • - Le plaisir de conduire (perfs)
  • - Efficace et confortable
  • - Freinage perfectible

Conclusion:


Malgré quelques petits défauts, petit coup de cœur sur ce modèle aussi attendu qu’inespéré. Le succès semble d’ores et déjà au rendez-vous, car Toyota France a déjà vendu les 50 premiers exemplaires de la production qui lui sont alloués. On ne peut qu’espérer en voir plus sur nos routes, dans les mois à venir et, qui sait, rêver d’une version encore plus radicale.