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Essai Alpine A110 VS Secma Fun Buggy : vive la France !

À la veille de notre fête nationale, nous avons choisi d’opposer deux produits français. Bien que l’un soit axé sur le sport, ils ont pour point commun de se concentrer sur le plaisir, un mot pourtant banni de notre paysage automobile…
Messieurs-dames, au garde-à-vous ! Avec La Marseillaise, s’il vous plaît. Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de voir s’affronter deux véhicules français qui soient autre chose que des SUV. Moteur central arrière, propulsion et artisanat, voici ce que la France est également capable de faire !

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Alpine VS Secma : Deux philosophies

La logique aurait voulu que l’affrontement se fasse entre l’A110 et la F16 Turbo, désormais passée à 225 chevaux. Mais quitte à aller sur deux modèles opposés sur le principe de la polyvalence, autant s’éloigner du terrain sportif pour l’un d’entre eux. Le point de convergence entre l’Alpine et la Secma est que toutes deux sont très rarement – pour ne pas dire jamais – les seules voitures du foyer.

Présentation : Alpine A110 & Secma Fun Buggy

Le retour d’Alpine, nous en avons tous rêvé pendant plus de 15 ans. Après plusieurs tentatives avortées, il aura fallu attendre 2012 pour que notre vœu soit exaucé. Une fois les Première Edition livrées à leurs clients, la gamme s’est divisée en deux finitions : la Pure et la Légende (que nous essayons). L’année dernière, la S disposant du châssis Sport a étoffé l’offre tandis que, tout récemment, la GT Légende limitée à 400 exemplaires et la Color Edition (carrosserie Jaune Tournesol sur base de S) offrent une belle force de frappe pour le constructeur de Dieppe, en plus du catalogue de personnalisation avec les 29 couleurs. Le targa que beaucoup réclament et que nous annoncions avant la crise de la Covid-19 a malheureusement vraisemblablement disparu des plans…

Face à la Normandie, les Hauts-de-France. Secma (Société d’étude et de construction de mécanique automobile) Performance siège à Aniche, une petite ville située entre Cambrai et Valenciennes. Ce constructeur ne sort pas de nulle part, mais a une véritable histoire depuis ses débuts en 1996 et a produit plus de 30 000 véhicules. Il vient de dévoiler le Fun Elec, un véhicule électrique de 350 kg seulement, proposant une autonomie (réelle) atteignant les 100 km et décliné en deux versions (l’une accessible sans permis dès 14 ans de 6 kW et l’autre avec le permis B de 15 kW et limitée par la législation de la catégorie à 80 km/h). Mais ce sont surtout les F16 (disponible en version Evo plus sportive), F16 Turbo et Fun Buggy qui nous intéressent davantage.


Légende VS Buggy

L’A110 joue la carte du néo-rétro en reprenant le nom et quelques codes stylistiques de la légendaire berlinette. La Légende se veut plus cossue que la Pure et jouit d’un équipement de série plus richement doté. C’est pourquoi son tarif de départ est supérieur de 4 000 euros par rapport à la Pure. Le modèle du parc presse dispose de la configuration censée être la plus typique avec les jantes 18" Légende et la sellerie cuir brun. Restons dans l’habitacle où, malgré un poids de seulement 1 120 kg, on est loin d’une voiture radicale. Avec la boîte à double embrayage à fonction automatique, les deux coffres (avant et arrière) et le châssis visant le confort, on peut voyager sereinement. Reste à trouver un centre Alpine près de chez soi, voici le lien vers leur localisation.

Pourtant d’une taille compacte, l’A110 paraît gigantesque par rapport au Fun Buggy, strict deux places également, qui ne dépasse pas les 2 757 mm de long ! Tout le monde regarde ce petit engin que personne ne connaît. Certains imaginent carrément que c’est une voiture sans permis. Mais ça, c’est avant qu’on accélère et les laisse sur place ! Le prix de 19 800 € laisse rêveur. Quelques indispensables options sont à rajouter. Les clients ne s’y trompent d’ailleurs pas en optant pour les portières facturées 1 690 € avec l’arceau d’origine et le toit découvrable. Contrairement aux autres marques, les journalistes sont moins bien lotis. Mon ego de princesse en a pris un coup. Le modèle d’usine dispose de l’arceau Spyder avec capote souple (980 €). L’accès à bord demande un peu d’entraînement et une certaine dextérité, mais on prend vite le coup. Une fois coincé dans le siège, c’est vite vu puisque c’est spartiate au possible pour ne pas dépasser les 567 kg. Un filet côté passager permet de loger quelques affaires. Le porte-bagages optionnel peut donc s’avérer intéressant. Le compteur de ce modèle est encore l’ancien, il a depuis été remplacé par un compteur digital de Dacia Duster. Les revendeurs suivants sont agréés Secma.

Deux moteurs Renault

Ne le dites à personne, Alpine n’aime pas que l’on rappelle le lien avec Renault, et ce même si toute la technique est faite chez Renault Sport Cars aux Ulis, gage de savoir-faire. Le bloc est le 1,8 litre, connu pour être à la fois sur les Talisman et Espace en 225 chevaux, et la Mégane RS. Malgré l’ajout d’un filtre à particules à l’automne 2018, la puissance officielle de 252 chevaux n’a pas bougé. Le couple, bridé à une valeur de 320 Nm par la boîte, non plus. Pour avoir plus de watts, il faut opter pour la S qui passe à 292 chevaux. Les performances de cette version sont plus que suffisantes comme en atteste le 0 à 100 km/h réalisé en 4,5 secondes. La boîte EDC est agréable à utiliser, en plus d’être réactive et rapide. Avec 162 g/km de rejets de CO2, le malus écologique bénéficie du faible poids de la voiture. À 1 172 euros, on est encore loin d’autres valeurs assassines. Heureusement, pour une auto capable de ne pas dépasser les 8 l/100 km…

Dans le Ch’Nord, on reste sur le choix du 1 600 cm3 Renault. Avec 105 chevaux, il y en a bien plus qu’il n’en faut pour tracter le Buggy et la F16. 5,9 secondes pour le 0 à 100 km/h, on est définitivement bien loin de la voiture sans permis. En prime, l’avantage est de rester sur une voiture à l’entretien basique et connu. Et comme le veut le dicton, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures, ce moteur à injection indirecte passe les normes antipollution sans sourciller, sans FAP ni autre horreur. Point de malus pour la gamme Secma, quelle qu’elle soit ! Et consommation rikiki à la clé…

La preuve est faite que l’on peut rouler en sportive thermique et consommer raisonnablement, et même moins que certains véhicules hybrides rechargeables… jamais branchés par leurs propriétaires.


Et à rouler ?

C’est quand même ce qui nous intéresse ! Au volant, qu’est-ce que ça vaut ? L’Alpine est plébiscitée partout, du fait notamment de son équilibre parfait des masses. L’amortissement très souple, trop souple même, et ses pneus spécifiquement développés pour accroître son côté joueur donnent un tempérament presque unique sur le marché. Presque, car sur la même session nous avons eu la Toyota GT86. La reine du drift facile, cela reste elle. Mais nous aurons l’occasion de vous en reparler d’ici peu…

Pas de réel tour de piste à La Ferté Gaucher pour le Fun Buggy. Avec ses pneus Michelin Cross Climate, il n’est pas un pistard. Cependant, il n’y a pas nécessairement besoin d’arpenter des dunes pour s’amuser avec. S’engager dans le flot de circulation parisien suffit à être totalement dépaysé, surtout sans portières. C’en est presque effrayant au début de se faufiler entre les camions. Une fois le mode d’emploi assimilé, on n’y pense plus et gaz ! La position de conduite n’est pas facile à trouver pour les grands gabarits. Que le siège soit fixe et que seul le pédalier se règle n’est pas foncièrement un problème, c’est simplement qu’il ne se recule pas suffisamment loin. La direction, dépourvue d’assistance (comme tout le reste), est absolument parfaite contrairement à l’A110 qui pêche par une assistance trop, comment dire… molle. Le petit volant de la Secma est jouissif et facilite les manœuvres. Le temps d’adaptation pour se faire à cette voiture est très long. Si vous l’essayez, prévoyez du temps. Voilà un objet roulant qui nécessite d’être apprivoisé quand l’Alpine A110 fait plus dans l’instantanéité. Au risque de s’en lasser plus rapidement, probablement…

Performance


Performance
5 / 5
Tenue de route
4 / 5
Habitabilité
1 / 5
Consomation
4 / 5
Prix
4 / 5
Confort
2 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • Avantages ALPINE
  • - Performances
  • - Blason mythique (en France…)
  • - Polyvalence
  • Avantages SECMA
  • - Rapport prix/plaisir imbattable
  • - Coûts de roulage/entretien/pas de malus
  • - Le plein de sensations

Conclusion:


Victoire SECMA

Difficile de départager ces deux Françaises. Objectivement, les deux pourraient pouvoir avoir leur place dans un garage de passionné(e) (Mesdames, je ne vous oublie pas). J’ai simplement fait le choix d’opter pour la définition la plus pure et la plus accessible de la voiture plaisir, même si c’est aussi la plus contraignante…