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Essai ford focus st sw tdci 185 pour papa sportif

Après avoir osé le break sportif et le diesel de sport, voilà que les constructeurs combinent les deux ! Chez Ford, c'est à la Focus qu'incombe la tâche de concilier ces deux ingrédients ‚Äì a priori antagonistes ‚Äì pour en faire une recette de gourmet. Bon appétit aux amateurs de sport...

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C’est en juin 2014 que la motorisation TDCI fut confirmée sur la Focus ST restylée. Le break SW étant déjà présent sur la ST, c’est tout naturellement que son cousin mazout eut droit à pareil égard. Un pari osé que d’autres constructeurs ont depuis suivi, notamment sur les 308 GT et Golf GTD

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Un diesel au look et au prix de l’essence !
Bien malin est celui qui, de l’extérieur (et moteur éteint), est capable de différencier une Focus ST Ecoboost d’une TDCI. Échappement central, étriers rouges, pare-chocs, bas de caisse, grosses jantes, becquet arrière (optionnel), tout y est. Un parti-pris assumé qui va encore plus loin que celui de feu la Megane RS DCI, aux quelques légères modifications apportées à la version diesel. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais de mon côté, j’apprécie qu’une déclinaison sportive ne se cache pas et si c’était pour rendre la Focus discrète, ce n’était pas la peine de l’appeler ST ! 

Le seul moyen de savoir à quel carburant s’abreuve cette Ford est de jeter un œil sur la zone rouge du compte-tours. Pas de miracle. À part ça, l’habitacle est de qualité et repris à l’identique de la motorisation essence avec les excellents sièges baquets, le pédalier sport ou encore les logos ST disséminés à l’intérieur de la voiture. Tout ceci répond à une question simple : sous quel prétexte un gros rouleur n’aurait-il pas le droit de se faire plaisir ? En déclinant le concept au SportWagon, Ford va encore plus loin en voulant se faire l’ami des pères de famille. Il ne s’agit pas de juger la démarche trop hâtivement puisque Audi s’est fait un nom au travers de ses breaks « surmotorisés »… 

Si d’ordinaire un modèle diesel se négocie plus cher que son homologue en sans-plomb, ce n’est pas le cas ici. Les deux motorisations débutent au même tarif de 31 100 € (500 € de plus que la « hatchback ») sans les remises, mais, en plus, la TDCI 185 est exonérée du malus de 2 200 € imposé sur l’Ecoboost 250. Attention à avoir conscience que ce prix d’attaque agressif de la finition ST va de pair avec une politique d’équipements réduite. Quoi qu’il en soit, pas sûr qu’il n’y ait que les VRP qui tournent le dos à l’essence… 

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Un moteur qui déborde d’énergie !
La mise en route du TDCI est quelque peu décevante. Il claque beaucoup et se montre assez rugueux à froid. Une fois à température, on le sent plus à l’aise. Une bonne partie du gros couple de 400 Nm déboule à 2 000 tr/min et offre des reprises assez remarquables. Certes, on ne retrouve pas l’allonge d’un bloc essence et les 8,3 secondes sur le 0 à 100 km/h sonnent comme un gouffre par rapport à l’Ecoboost, mais, dans les faits, l’écart apparaît bien moindre. Il faut dire qu’une fois lancé, le TDCI ne fait pas dans la finesse et a de beaux atouts à faire valoir. Le premier d’entre eux est une consommation mixte autour des 6,5 L/100 km pour la SW et supérieure d’un demi-litre à la 5 portes. Sur un trajet identique, comptez entre 2 et 2,5 litres supplémentaires des 100 km pour la 250 chevaux ce qui pénalise grandement l’autonomie. 

Quel que soit votre choix sur le moteur, vous serez accompagné d’une bonne transmission manuelle à six rapports, au guidage précis bien que le débattement soit un peu long, comme dans beaucoup de compactes. 

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Sportive et confortable !
Un véhicule diesel peut-il être sportif ? Tel est l’éternel débat qui fait rage à chaque fois que pareil essai est publié. Tout dépend de l’endroit où l’on met le curseur : moteur ou châssis. Sur ce dernier point, la ST est inattaquable. Le train avant est excellent. Ford a veillé à rendre son moteur aussi léger que possible afin de limiter le surpoids du TDCI sur le train avant. La voiture se place exactement où vous lui demandez tout en conservant un amortissement de qualité. Et par là, j’entends une suspension qui ne prend pas trop de roulis et qui ne vire pas à la séance de torture pour ses occupants. Campé dans son baquet Recaro ou installé sur la banquette arrière, enchaîner les kilomètres sur petite route ou autoroute se fait dans la bonne humeur. Ayant eu l’occasion de beaucoup rouler dans la 5 portes, j’attendais avec curiosité l’essai du break. Ça déménage dans tous les sens du terme avec un coffre de 476 L (113L de plus que l’autre carrosserie), mais le surpoids élevé est tout de même perceptible. Les 20 cm pris en longueur se ressentent et la Focus perd logiquement en agilité. Le comportement routier demeure de très haut niveau et le freinage ne souffre d’aucune critique. Le seul reproche vise la direction qui prend le parti pris de la légèreté pour éviter les remontées de couple.  

À la question du début du précédent paragraphe, la réponse est donc oui. Dotée de trains roulants efficaces et d’une mécanique qui a la santé (à défaut de caractère), la conduite sportive est possible au volant de la Focus ST TDCI. Mais pour s’en rendre compte, il faut accepter de mettre ses a priori de côté… 

Conclusion
Ford a atteint son objectif de rendre le diesel compatible avec sa gamme sportive. Disposant d’un châssis rigoureux, mais confortable, la Focus TDCI démontre les progrès réalisés sur ce carburant. Reste que si vous n’avez pas foncièrement besoin d’un break, la version 5 portes conserve une longueur d’avance d’un point de vue dynamique, tout en consommant légèrement moins…

BIEN VU
Reprises
Consommation/autonomie
Châssis sportif et confortable
Carrosserie sportive
Prix imbattable

À REVOIR
Beaucoup d’équipements en option
Direction perfectible
Sonorité/allonge du moteur du diesel

Prix : 30 500 €

Note : 16/20

Crédit photo : Maxime Joly pour La Revue Automobile