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Essai Opel Mokka X : son dernier road trip ?

Nous ne donnions pas cher de sa peau avec l’arrivée du Crossland X, et pourtant le Mokka X résiste et recevra une descendance en 2020. Il faut dire que la marque à l’éclair continue d’en vendre un nombre non négligeable et ce que le client veut… eh bien la marque lui donne, enfin lui vend. Comme un dernier au revoir, nous en avons pris le volant pour quelques milliers de kilomètres entre la région parisienne et les Dolomites via l’Allemagne et l’Autriche.

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Ce sont pas loin de 1 100 km qui nous attendent pour le premier trajet, nous menant directement à Cortina d’Ampezzo. Et qui dit Dolomites, dit randonnées, alors nous remplissons très vite le coffre de 356 litres avec nos sacs et affaires en tous genres puisque les nuits se feront sous tente. Si ce coffre est bien fait, facile d’accès et avec un pratique fond plat, il pêche par son volume de chargement un peu juste. Heureusement que nous ne sommes que 3, finalement !

L’habitacle de notre finition haut de gamme Elite pour sa part est plutôt accueillant bien qu’un peu triste. L’espace arrière convient à un adulte de taille moyenne tandis que les sièges avant, revêtus de cuir anthracite tout comme la banquette, offrent un maintien et un confort dont nous chanterons les louanges à la fin de ce long trajet.

Mais avant ça, un petit passage par l’écran tactile de 8 pouces Navi 900 IntelliLink afin d’entrer la destination dans le GPS puis branchement de la clef USB contenant la « playlist » spéciale road trip. Dans l’ensemble, si le design extérieur de la Mokka vieillit bien, celui intérieur semble dater malgré des matériaux corrects, notamment au niveau de la planche de bord. Le combiné d’instrumentation s’en sort mieux, lisible, simple, pratique.

Voyageuse, la Mokka ?

Pour le savoir, démarrons donc le 4 cylindres diesel. Vibrations, bruit de tracteur. C’est bon, c’est du diesel. Plus sérieusement, au démarrage et au ralenti ce 1,6 litre se montre effectivement un peu sonore et tremblotant, mais dès que l’on prend la route et a fortiori a vitesse stabilisée, il se révèle parfaitement vivable. Seules les phases d’accélérations franches ne seront pas des plus agréable pour les oreilles.

L’amortissement, plutôt souple et confortable de prime abord a tendance à être ferme en fin de compression, notamment sur les dos d’âne, même à vitesse réglementaire. Heureusement, notre trajet n’en comprend que deux bien que nous options pour la N4 pour la partie française au lieu de l’autoroute. Si l’on voyage dans un confort et un calme honnêtes, quelques nécessaires relances étonnent par leur lenteur, pourtant le moteur de 136 ch et 320 Nm se montre ensuite vaillant. Malgré un poids élevé de 1 449 kg, c’est l’étagement de la boîte qui est rapidement mis en cause. Affaire à suivre.

L’Allemagne, ces autoroutes gratuites, à vitesse libre et ses bouchons. Heureusement, dans ce sens nous ne profiterons que des deux premiers, les bouchons semblant s’accumuler exclusivement dans l’autre sens sur ce trajet (et nous n’y échapperons pas au retour !). De quoi amener le Mokka X à 197 km/h au compteur pour une vitesse maximale annoncée de 190 km/h réelle, et surtout de quoi gagner du temps pour arriver avant la nuit. Le revêtement des autoroutes d’outre-Rhin ne vaut pas celui de l’Hexagone, mais le SUV d’Opel ne semble pas en pâtir, pas plus que du léger vent latéral.

La courte traversée de l’Autriche ne laisse pas de souvenir impérissable, si ce n’est la vignette en plus des péages élevés de certains ouvrages d’art. L’Autriche est un très beau pays, sauf sur ce trajet. Nous faisons tout de même une petite pause pour acheter nos péchés mignons, des Mozartkugeln. Cette spécialité autrichienne, en forme de boule, du nom du plus célèbre compositeur se compose de chocolat, de pâte d’amande, de praliné et de pistache. Nous sommes incapables d’y résister !

Puis c’est l’arrivée en Italie et le changement de programme avec une première nuit au bord du Lago di Braies. Ces 1 100 premiers kilomètres se sont faits confortablement malgré un amortissement parfois cassant en compression, mais dans l’ensemble très vivable. Tout au plus nous pouvons réellement regretter que le système hi-fi ne soit pas un peu meilleur.

La Montagne, ça vous perd

Quelques jours sur les routes de montagne mettront en évidence le problème certain d’étagement de la boîte de vitesses. Au milieu des paysages somptueux du Sud-Tyrol italien, le Mokka X aura tendance par moment à gâcher la fête. Le moteur n’est pas à remettre en cause, la tenue de route, sans être extraordinaire – c’est un SUV urbain en même temps – n’est pas un problème, pas plus que le bruit un peu élevé à l’accélération. Les performances, également, sont honnêtes avec un 0 à 100 km/h en 9,9 secondes.

Le problème vient définitivement de cette boîte de vitesses réglée dans le seul but de rentrer dans les normes et en déconnexion d’un usage réel. Le creux abyssal à bas régime oblige à changer de rapport sans arrêt et parfois à devoir repasser en première à la sortie d’une épingle. Chaque relance sans rétrograder est longue comme un jour sans pain… alors même qu’une fois atteint le régime idoine d’au moins 2 500 tr/min, ce même moteur se montre franchement valeureux avec des accélérations pour le moins correctes.

Performance


Performance
3 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
4 / 5
Consomation
3 / 5
Prix
4 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

Verdict : la passion

  • - Confort global
  • - Design extérieur
  • - Creux à bas régime
  • - Système d'infodivertissement daté

Conclusion:


L’Opel Mokka X sera remplacé l’année prochaine, et ce n’est pas une si mauvaise chose. Ce n’est pas un mauvais SUV urbain, mais il commence à marquer le pas avec les années. Souhaitons que la marque à l’éclair se débarrasse de ce creux à bas régime, modernise l’ensemble, sans perdre ce qui a fait le succès du modèle. Mais vu la bonne dynamique actuelle de la marque, nous ne sommes pas inquiets !