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Essai Renault R5 : nostalgie ou initiations ?

Renault nous avait mis l'eau à la bouche avec la présentation de la R5 Diamant. C'était le moment où nombre de jeunes journalistes se sont fait la réflexion qu'ils n'avaient jamais pu essayer ce modèle iconique du constructeur au losange. Renault a ainsi lu dans nos pensées et nous a conviés dans son usine de Flins où se trouve une collection des plus exclusives.

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L'exposition inédite retrace une rétrospective de la Renault 5 depuis 1972, date de sa sortie. Il y a la fameuse Renault 5 L, pour Luxe, qui, étonnamment, est l'entrée de gamme. Avec un moteur de 4 cylindres, 782 cc pour développer 36 chevaux.
À l'époque, on se débrouillait très bien avec une boîte de vitesses à 4 rapports et des freins à tambour à l'avant et à l'arrière. Les autos pesaient surtout 730 kg, mais enregistraient déjà une vitesse maximum de 120 km/h !

Il y a cette R5 avec « le logo interdit » qui aurait froissé une entreprise allemande du nom de Kent. Honnêtement, à y regarder de plus près… ils ne se ressemblent pas ! Finalement, pour éviter des poursuites judiciaires, Renault a fini par adopter un autre logo, dessiné par Vasarely.
À l'époque, ce qui était frappant, c'étaient les coloris originaux utilisés par les Renault 5, on est loin des grisantes autos d'aujourd'hui. Au-delà d'être des plus alléchantes, les peintures donnent envie de caresser l'auto. On remarque notamment que les pare-brise permettent de mieux voir et donnent une meilleure visibilité dans l'habitacle et vers l'extérieur.
Ce détail, amusant pour certains, nostalgique pour d'autres : la pression sur le bouton pour ouvrir la porte. Mais ce qui nous a définitivement plongés dans une époque que l'on n'a jamais connue, c'est le bruit de cette portière, qu'il faut claquer vigoureusement sinon elle ne se ferme pas. « CHKLOUNG », on dirait le bruit d'une porte qui vient de se fermer dans ces films d'antan.

Des petites bombinettes, comme ça, le musée en regorge de 850. Ces dernières nous donnent tout simplement l'envie d'y embarquer et de nous évader sur la route des vacances. Ça tombe bien, « elles sont toutes conduisibles », annonce Dominique Jacson, responsable de la valorisation chez Renault Classic.

Il faut se remémorer que Renault voulait, avec la R5, lancer un pavé dans la mare et il était loin de s'imaginer, en 72, que cette voiture conçue dans la deuxième partie des années 1960 deviendrait iconique dans le paysage automobile français. Effectivement, la R5 est le fruit de tous les mouvements de cette jeunesse qui aspirait à plus de liberté et prétendait à de nouvelles aspirations, et « le réseau commercial à l'époque n'y croyait pas : une voiture ronde aux couleurs flashy, avec des pare-chocs intégrés en composite ».

Pourtant, celle que Renault a développée avec comme esprit « la voiture pour chacun » a connu un tel succès que le constructeur français en a lancé toute une gamme autour de la R5.


Il y a la R5 spéciale police — on a essayé d'activer l'avertisseur sonore, il n'était pas activé —, une R5 société, une R5 Baccara, une R5 TX couleur sable assortie à mon pantalon, une étonnante R5 en version électrique de 7.5 kW de 1974 — comme quoi, on avait déjà un temps d'avance à l'époque —, la fameuse R5 Turbo et l'emblématique R5 Alpine, le « rêve de gosse » s'extasie Fred Lagadec qui n'avait « pas le budget pour acheter une R5 Alpine », alors il s'est rabattu sur une « R5 GTL pour 800 francs en 1993 », nous confie le rédacteur en chef de Les Voitures.com avec quelques trémolos dans la voix.

Bref, des déclinaisons de la R5, en voulez-vous, en voilà !

Petit détail trivial mais surprenant, cette fâcheuse tendance à afficher en haut en plein milieu de chaque vitre le logo du manufacturier « Saint-Gobain glace sécurité ».



Nous embarquons dans une R5 Rétrofit, préparée spécialement avec un moteur électrique et étonnamment dotée d'un levier de vitesses. Car il faut connaître quelques instructions avant d'en prendre son volant. Pas de démarrage en première, car elle a « trop de couple pour la boîte de vitesses », alors on démarre en seconde et lorsque la R5 Rétrofit est dans le mal, on passe la troisième. Un passage de rapports à faire sans chercher le point d'embrayage. Le démarrage se fait avec une vraie clé, et ça, on aime. Même s'il est taciturne.
Notre R5 arbore le tout dernier logo de Renault et se pare d'un coloris qui rappelle étrangement celui de La Poste, mais en jaune plus pétant, avec une peinture pailletée qui le rend presque disco.
Et c'est à travers un petit chemin de campagne perdu au milieu de nulle part que nous sommes tombés nez à nez avec Willy, ce facteur à bord d'un Kangoo La Poste qui nous a fait des grands signes : « C'est Retour vers le futur ! Ça aurait pu être ma voiture dans un autre temps », s'enthousiasme-t-il.

L'intérieur n'en est pas moins rock'n'roll, avec une sellerie faite sur mesure, un bi-ton jaune et vert turquoise. De plus, le toit bleu en velours zébré plaît beaucoup à notre photographe Julien Fautrat. Seul détail qu'on n'a pas aimé : la ceinture, parce qu'on n'a pas eu envie de la boucler.
Nous repartons à travers les routes. Coïncidence, nous croisons une autre R5 dont le conducteur n'en revient toujours pas de croiser sa cousine électrique. Forcément, on est en famille, on se salue !

Les kilomètres s'enchaînent, les virages sont toutefois laborieux et le rayon de braquage sportif… ça fait les muscles, mais on s'y prend très vite.
Le passage des vitesses est quelque peu délicat, quand on n'a jamais pris une youngtimer en main. Là encore, il faut prendre soin à bien ancrer les rapports.

Elle ne fait quasi aucun bruit, mis à part le tic-tac de l'horloge à aiguilles et quelques bruits fantomatiques légèrement angoissants, et des bruits de générateurs électriques, y compris une ambiance petite cascade d'eau avec les fluides qui transitent lorsqu'on a ouvert le capot à ouverture antagoniste.

À noter que le volume sonore, dès qu'on dépasse les 70 km/h, est équivalent à celui d'une thermique, mais malgré cela, on se dit que c'est quand même un régal de rouler en presque ancienne.
Dans le coffre, bien occupé par la batterie de traction, se trouve une petite pochette en cuir qui renferme le câble de recharge.
Petit conseil : si vous comptez prendre le volant d'une R5, les pédales d'accélérateur et de frein sont un peu trop rapprochées, et pour ceux qui causent des grosses pompes, Dr. Martens pour mon cas, j'avoue, j'ai bien galéré. Alors, prévoyez des chaussures fines ou conduisez pieds nus, comme avant.


Il est temps d'essayer la R5 dans sa version d'antan

Embarquons à bord d'une R5 GTL, rouge glamour, avec un moteur thermique. Celle-ci est dotée de plaques en noir et blanc, l'on aperçoit à l'arrière le pot d'échappement en forme d'un pistolet à essence. Son glougloutement caverneux est une madeleine de Proust à tout automobiliste doté d'un peu d'intelligence et de sensibilité. Un bruit qu'on n'entend plus et qu'on ne connaîtra plus dans quelques années.

L'expérience est la même, sauf qu'avec la R5 GTL, forcément, on y insère la clé dans le contact et l'on insuffle la vie au moteur ; « vroom vroom », elle est bien vivante !
Datant de 1980, avec un moteur 4 cylindres, 1 289 cc, de 45 ch, avec freins à disque à l'avant et tambour à l'arrière, pour un poids de 775 kg et une vmax de 137 km/h, soit 7 km/h dans l'illégalité aujourd'hui en France.
Levier de frein à main, celui qu'on ne connaît plus. Bouton de starter, de quoi ? De rien, laissez tomber. Manque plus que le lecteur K7. Kaquoi ? Non, rien…



Michel, un randonneur en vadrouille, est resté ébahi devant notre automobile, au-delà du plaisir de voir « ces couleurs qu'on ne voit plus maintenant », elle finira par lui rappeler ses « années fac en 75 ».
Autres éléments qui la distinguent : l'emblématique antenne sur le toit qui gigote, le levier de vitesses en boule noire, et toujours 4 rapports de vitesses.
La R5 d'antan est une voiture des plus sportives qui file, une fois qu'on la maîtrise, mais qui reste cependant un vrai sport à conduire. Seul regret, ces sièges en Skaï qui nous ont fait transpirer comme des bœufs…

Toujours le même topo, pas de direction assistée, les fenêtres à ouverture manivelle. Eh oui, ma p'tite dame !
Encore un petit détail qui a toute son importance, le rétroviseur à droite absent et qui fait ressentir un grand déséquilibre quand on n'est pas habitué, notamment pour les manœuvres de stationnement.
Le compte-tours est des plus sobres, pas de compte-tours, juste la vitesse avec des recommandations de rapports à passer. On y lit 160 km/h au max, sauf qu'arrivés à 100 km/h, on se dit que ce ne serait pas prudent de pousser plus en raison de la suspension des plus molles…

Trois cyclistes passent à côté : « Qu'elle est belle ! », s'exclame le leader du peloton dans son sprint.

Conclusion:


Au-delà du côté nostalgique et culture générale, Renault a profité de ce moment récapitulatif, ou initiation pour certains, pour nous préparer à la prochaine Renault 5 qui devrait sortir dans deux ans ! On a hâte de la découvrir.

Photo© Julien Fautrat pour LRA

Performance


Performance
2 / 5
Tenue de route
3 / 5
Habitabilité
3 / 5
Consomation
2 / 5
Prix
3 / 5
Confort
4 / 5

Verdict : la raison

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