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Essai mercedes benz classe a restylee 180d et 220d

La Classe A nouvelle formule en est déjà au milieu de sa carrière. C'est l'occasion pour Mercedes de recourir à l'habituel restylage afin de remettre au goût du jour quelques éléments et d'étoffer, encore un peu plus, sa gamme. En route vers la Normandie pour jauger les qualités routières d'une étoile filante...

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C’est en 1997 qu’est présentée la Classe A. Elle marque un tournant important dans l’histoire de la firme allemande qui souhaite élargir son offre par l’intermédiaire d’une citadine. C’est aussi, pour les amoureux de l’Étoile, le passage significatif vers la traction en lieu et place de l’habitude propulsion. Un cas d’école, repris récemment par BMW au travers des Active Tourer et X1.
Le succès est au rendez-vous et amène à la commercialisation d’une seconde génération. Cependant, et dans un souci de rajeunir sa clientèle (âge moyen rabaissé à 48 ans et taux de conquête de 65 % en 2014), l’actuelle troisième génération est foncièrement différente de ses devancières en se rapprochant des codes standards des autres compactes. Une idée de génie puisque la Classe A est la premium cinq portes la plus vendue de sa catégorie, devant les Audi A3 Sportback et BMW Série 1. Toutefois, la toute récente réorientation de la Mini Clubman devrait durcir l’opposition. 

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Présentation
Ce n’est pas un secret que la Classe A a des ambitions résolument haut de gamme. Cela se voit sur les tarifs, mais aussi sur le prix moyen payé par les clients. Si cette information n’a pas été dévoilée précisément, nous pouvons affirmer quand même que 33 % des ventes se sont faites sur la base de la finition Fascination, bâtie sur le Pack Sport AMG. Les écarts de tarif varient selon les modèles, mais, en résumant grossièrement, l’écart moyen entre chaque niveau est d’environ 2 000 €, sauf entre Sensation et Fascination où on n’est pas loin du double.

Le restylage
Pas de bouleversement en vue. Il ne s’agit pas de froisser les précédents acheteurs en démodant leur voiture ! Les coups de bistouri sont légers et aboutissent à une retouche cosmétique succincte avec les pare-chocs avant et arrière redessinés, de nouveaux feux arrière et une offre remaniée pour les jantes. L’intérieur reçoit également quelques améliorations avec un écran de plus grande qualité, un nouveau volant et une console centrale légèrement revue. Par ailleurs, deux nouvelles garnitures font leur apparition. Globalement, la présentation intérieure est de qualité et les matériaux utilisés, dans les endroits visibles et susceptibles d’être touchés, sont de bonne facture. 

Un large portefeuille de 17 motorisations de 90 à 381 chevaux, essence et diesel, est proposé ! Cela inclut la nouvelle A160 de 102 ch qui sert d’entrée de gamme, avec un prix d’appel positionné à 23 950 €. En parlant de moteurs, il est temps de creuser le sujet… 

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A180d boîte manuelle
Notre modèle d’essai disposait de la nouvelle couleur (optionnelle) Vert Elbaïte et était basé sur le second niveau de finition : l’Inspiration. Sur cette version, l’extérieur est sobre. Pas de grosses sorties d’échappement ni de grosses jantes, mais tout ceci est cohérent avec une motorisation relativement peu puissante comme peut l’être le 1.5 l d’origine Renault, développant ici 109 chevaux. Malgré tout, le prix d’attaque est élevé puisqu’il se situe juste sous la barre des 30 000 € en Inspiration. Notre véhicule arborait, à l’intérieur, le pack Sport Black (incluant les beaux sièges sport), le pack Garmin, les projecteurs à LED ou encore le grand écran de huit pouces. Ainsi parée, on s’approche des 33 000 € sans pourtant avoir été très gourmand en équipements… 

Le lieu de rendez-vous était le Mercedes Gallery aux Champs-Élysées. L’essai débute par une extraction de Paris en filant par l’A14. En toute franchise, les premières impressions sont plutôt moyennes. D’abord, le diesel est bruyant. Plus embêtant, il l’est depuis l’habitacle. Ensuite, la visibilité latérale n’est pas aisée du fait de surfaces vitrées insuffisamment importantes entre les portes et la lunette arrière. 

Sur grands axes, le bloc Renault fait le travail grâce à des reprises correctes et ne se révèle pas anémique. Il n’y a donc pas à crier au scandale ni à avoir honte de ce partage, d’autant qu’il a pour autre qualité une consommation maîtrisée autour des 5L/100 km, voire inférieure selon votre conduite. Ce bloc est associé dans notre configuration à la boîte manuelle à six rapports parfaitement guidée, sachant que le double embrayage 7G-DCT est proposé en option. Je reviendrai dessus plus en détail dans le paragraphe qui suit.

La concurrence est rude dans la catégorie des compactes et c’est encore plus vrai sur le registre du comportement routier où le niveau s’est considérablement élevé ces derniers temps. Bien que certains se refusent à les comparer au premium allemand, on ne peut pas occulter le talent des Françaises et plus précisément celui de la Peugeot 308. Quant au groupe Volkswagen, il propose depuis sa nouvelle plateforme MQB une des meilleures bases qui soient en traction. Autant dire que Mercedes n’a pas le droit à l’erreur sur la Classe A. Malheureusement, la déception arrive rapidement sur petites routes. Le train avant semble paresseux, mais c’est surtout le manque de confort qui m’a paru le plus problématique sur cette version dépourvue de l’amortissement piloté. Ça sautille pour un rien, sans que cela soit bénéfique à une conduite dynamique, et on finit par très vite détester les dos-d’âne. Il restait donc à voir ce que donnaient les suspensions pilotées et c’est ce que nous fîmes… 

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A220d 7G-DCT Dynamic Select
La boîte 7G-DCT représente 50 % du parc roulant des Classe A. La 220d en est d’office équipée et peut même, en option, recevoir la transmission 4Matic (quatre roues motrices) contre 2 150 €. Sous le capot, la A récupère cette fois un « vrai » moteur Mercedes, bien connu de la gamme puisqu’il s’agit du 2.1 turbo diesel. Toujours aussi bruyant, cependant les performances font naturellement un sérieux bond en avant avec 177 chevaux et 350 Nm de couple. Mais les prix également. Il faut tabler sur un minimum de 36 650 € en Inspiration et cela n’inclut donc pas l’amortissement piloté, toutefois présent ici. Le bouton Dymanic Select permet de naviguer entre quatre modes (Confort, Eco, Sport et Individual) influant chacun sur la sensibilité de la direction, de la suspension et de la gestion moteur/boîte. Au sujet de ce dernier point, je déconseille le mode Sport qui rend la boîte trop agressive en gardant un régime moteur inutilement élevé. La fonction Individual offre une configuration à la carte bien plus intéressante en mélangeant plusieurs paramètres. Quoi qu’il en soit, il en ressort que le confort est enfin digne d’une Mercedes, mais il est dommage de devoir avoir recours à pareil accessoire non inclus en série…  

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Conclusion
D’un pur point de vue d’agrément et de performances, la 180d suffira à une très grande majorité d’acheteurs. Assez coupleuse pour proposer des reprises correctes, elle offre en prime une consommation maîtrisée. Nous avons en revanche été déçus par l’insonorisation intérieure trop légère, le train avant pas suffisamment incisif, et par la qualité de l’amortissement, indigne du standing de Mercedes-Benz. L’option des suspensions pilotées paraît par conséquent indispensable ce qui est regrettable pour un véhicule cher et sans velléité sportive... 

 

BIEN VU
Design
Présentation intérieure
Reprises suffisantes (18d)
Consommation
Guidage de la boîte manuelle

À REVOIR
Amortissement de base (sans l’option suspensions pilotées)
Diesels bruyants
Train avant décevant
Tarifs et options !

 

Prix : à partir de 27 550 €

Note : 14/20

Crédit photo : Julien Fautrat pour La Revue Automobile